Poignée de main entre la vice-ministre des Finances, Gracia Yamba, et le Directeur des Opérations de la Banque mondialePoignée de main entre la vice-ministre des Finances, Gracia Yamba, et le Directeur des Opérations de la Banque mondiale

Le Portefeuille Crédits de la Banque mondiale en RDC est de l’ordre de 8 milliards USD. Cependant, la RDC n’a absorbé à ce jour à peine 3,5 milliards USD. Dès lors, 4,5 milliards USD de crédits disponibles pour la RDC ne sont pas mobilisables, à cause de certaines contraintes notamment l’absence des réformes idoines. C’est dans ce cadre qu’une revue stratégique du Portefeuille Crédit de la Banque mondiale a été faite par les deux parties. Il en ressort ce Plan d’actions devant accélérer le décaissement des financements au profits des bien de projets susceptibles d’améliorer les conditions de vie des Congolais. Ces cinq dernières années, la RDC n’a pas atteint 25 % de taux d’absorption des financements de la Banque mondiale. Si Kinshasa ne fait pas d’efforts nécessaires en termes des réformes et n’arrête pas les interférences politiques qui freinent les décaissements des fonds, certains crédits risquent de tomber en annulation et être attribués à d’autres pays éligibles.

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo, à travers le ministère des Finances et la Cellule de suivi des projets et programmes (CSPP), et la Représentation de la Banque mondiale en RDC ont tenu, le mardi 17 février 2026 à Fleuve Congo Hôtel de Kinshasa, les travaux du volet Stratégique de la revue de performance du Portefeuille de la Banque mondiale en RDC/édition 2025.

A l’issue de ces travaux effectués en présence de la ministre de l’Education Nationale, Raïssa Malu, des secrétaires généraux de l’Administration publique, des Coordonnateurs des Unités de gestion des projets et du Coordonnateur adjoint de la Cellule de Suivi  des projets et programmes et de la Cellule fiscale, la vice-ministre des Finances, Gracia Yamba Kazadi, et le Directeur des Opérations de la Banque mondiale, Albert Zeufack, ont procédé à la signature du Plan d’actions structuré pour la performance du Portefeuille Crédits de la Banque mondiale en RDC.

Ce Plan d’actions consolidé est un engagement commun, entre le Gouvernement de la RDC et la Banque mondiale, à accélérer l’exécution du Portefeuille Crédits, élever la qualité de gestion et maximiser l’impact des investissements en faveur des populations congolaises, a dit Albert Zeufack.

En clair, le Gouvernement de la RDC s’est engagé à consommer jusqu’à 30% des financements disponibles de la Banque mondiale endéans la fin de l’année financière de la BM qui se clôture en juin 2026. Le taux actuel d’absorption des crédits mis à la disposition de la RDC, au cours de cette année fiscale de la Banque mondiale (juin 2025 à juin 2026), traine encore autour de 6%, selon le Directeur des opérations de la Banque mondiale.

« L’objectif qui nous rassemble est clair : améliorer la performance du portefeuille et atteindre un taux de décaissement d’au moins 30 % au cours de l’année fiscale en cours, tout en garantissant la qualité, la transparence et l’impact des investissements. Cela exige de nous tous une responsabilité accrue, une meilleure coordination interinstitutionnelle et une capacité renforcée à anticiper et gérer les risques », a dit Albert Zeufack, en présence de deux membres du Gouvernement.

Pour autant, La Banque mondiale, a soutenu le Directeur des Opérations, reste pleinement engagée aux côtés du Gouvernement de la RDC pour :

  • renforcer les capacités des équipes de projets, notamment à travers la formation et le mentorat, y compris la création de viviers de compétences et l’intégration de jeunes diplômés dans les équipes des projets ;
  • améliorer la préparation des projets, de lancer les appels d’offres majeurs durant la préparation des projets, et de signer les contrats dès la mise en vigueur des projets ;
  • renforcer la redevabilité de tous les acteurs, y compris à travers des mécanismes de suivi réguliers en institutionnalisant des ateliers de redevabilité trimestriels ou semestriels
  • promouvoir des échanges et la fertilisation croisée entre les projets à travers les initiatives de mentorat, de partages d’expériences de visites de terrain, etc.;
  • et adapter nos approches opérationnelles aux réalités sécuritaires et institutionnelles du pays. Cela inclut l’intégration systématique de l’analyse des risques sécuritaires dès la conception, la mise à jour régulière de la cartographie des risques, et la mutualisation des ressources de sécurité entre projets.

De l’avis d’Albert Zeufack, ces objectifs sont d’autant plus « faciles » à atteindre si les deux parties travaillent dans la transparence et sans interférences politiques qui, souvent, occasionnent des retards immenses et brisent l’élan dans la mise en œuvre des projets que la Banque mondiale accompagne dans le pays.

« Ces objectifs sont d’autant plus réalisables si le cadre et les instruments de coopération, d’incitation et d’évaluation de performance des Unités de gestion de projets et leurs partenaires sectoriels sont connus et appliqués de manière systématique dans le portefeuille des projets de la Banque mondiale dans le pays. Enfin, ces objectifs sont d’autant plus accessibles si nous travaillons avec un sens d’urgence accru, une pro activité anticipative, et un engagement résolu visant des impacts d’envergure au profit des populations concernées », a-t-il renchéri.

De son côté, la vice-ministre des Finances, dans son mot de clôture, a exprimé la détermination du Gouvernement à favoriser l’impact concret des projets publics au bénéfice des populations. « La mise en œuvre rigoureuse de ce Plan d’actions déterminera le succès de cette revue qui ne doit être en aucun cas un exercice de routine où des volontés s’expriment sans se traduire par des résultats tangibles. Nous disposons aujourd’hui d’un cadre ferme, des mesures pertinentes et d’un engagement collectif reconnu. Il nous revient à tous de jouer pleinement notre rôle afin d’honorer notre responsabilité vis-à-vis du développement national parce que chaque projet bien exécuté représente une promesse tenue face envers nos populations », a déclaré la vice-ministre Gracia Yamba Kazadi.

A noter que ces travaux de la revue du portefeuille de la Banque mondiale sont consécutifs à la session technique de la CPPR tenue le 12 novembre 2025 qui a permis un diagnostic lucide et partagé de la performance du portefeuille en RDC. Elle a mis en évidence à la fois le dynamisme remarquable du portefeuille, dont le volume est passé d’environ 3 milliards de dollars en 2020 à plus de 8 milliards de dollars en 2025, mais aussi les défis structurels et opérationnels persistants qui freinent son efficacité et son impact.

Cette session a également abouti à un ensemble de mesures prioritaires devant être consolidées dans le plan d’action CPPR 2026. Parmi ces défis figurent notamment :

  • la complexité croissante des projets,
  • les délais dans les processus de passation des marchés et de non-objection,
  • les contraintes de capacités au sein des Unités de Gestion de Projets, ainsi que les défis sécuritaires, particulièrement dans l’Est du pays et
  • la contreperformance de certaines agences des Nations Unies dans la mise en œuvre d’activités, nécessitant un renforcement des mécanismes de redevabilité.

Selon le Directeur des Opérations de la Banque mondiale en RDC, ces contraintes affectent directement la capacité d’absorption et les niveaux de décaissement, alors même que les besoins des populations demeurent immenses.

Amédée Mwarabu

 

 

By amedee

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