Le président Félix TshisekediLe président Félix Tshisekedi, lors de la prestation de serment de son second mandat

PAR JOSE M. BAKIMA

Le débat sur la révision constitutionnelle semble progressivement se concentrer sur une seule question : faut-il porter le mandat présidentiel de cinq à sept ans ?

Cette question n’est pas illégitime. Gouverner un pays-continent comme la République démocratique du Congo exige du temps. Les infrastructures, l’éducation, l’agriculture, l’énergie ou l’aménagement du territoire ne se transforment pas en quelques années.

Mais une question demeure : est-ce vraiment le cœur du problème congolais ?

Depuis l’indépendance, le Congo a connu plusieurs constitutions, plusieurs régimes et plusieurs réformes institutionnelles. Pourtant, les difficultés fondamentales persistent : faiblesse de l’État, discontinuité des politiques publiques, dépendance économique, dégradation des infrastructures, insécurité dans certaines régions et faible valorisation de nos immenses ressources.

Le véritable enjeu n’est peut-être pas la durée du mandat présidentiel.

Le véritable enjeu est la continuité de la République.

Comment assurer la continuité des politiques publiques au-delà des alternances ?

Comment protéger les ressources stratégiques de la Nation ?

Comment transmettre aux générations futures un territoire plus fertile, une administration plus efficace et une économie plus productive ?

Comment faire en sorte que chaque gouvernement construise sur les acquis du précédent au lieu de recommencer à zéro ?

Comment garantir que l’éducation, la recherche, l’agriculture, l’énergie et les infrastructures suivent une vision de vingt ou trente ans plutôt qu’un calendrier électoral ?

Ces questions sont rarement au centre du débat.

On parle beaucoup de la durée du mandat. On parle beaucoup moins de la durée des projets nationaux.

On discute du temps accordé aux dirigeants. On discute peu des institutions capables de survivre aux dirigeants.

Or aucune Constitution ne sauvera un pays simplement en ajoutant deux années à un mandat présidentiel.

Une République forte ne repose pas uniquement sur des hommes forts. Elle repose sur des institutions capables d’assurer la continuité, la mémoire et la préparation de l’avenir.

La question n’est donc pas seulement :

« Sept ans ou cinq ans ? »

La question est :

« Quelle République voulons-nous transmettre aux générations qui viendront après nous ? »

C’est là que devrait commencer le véritable débat constitutionnel.

 

By amedee

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