PAR JOSE M. BAKIMA
À chaque débat constitutionnel, les mêmes questions reviennent.
Combien d’années pour le mandat présidentiel ?
Combien de mandats ?
Quel mode d’élection ?
Quels équilibres entre les institutions ?
Ces questions sont importantes.
Mais elles ne répondent pas à la question fondamentale :
Quelle est la mission historique de la République démocratique du Congo ?
Une Constitution n’est pas seulement un mécanisme d’organisation du pouvoir.
Elle devrait être la réponse politique à une destinée collective.
Or, lorsque nous observons les grands débats nationaux, nous parlons abondamment du pouvoir, mais très peu du pays.
Nous parlons du Président.
Nous parlons rarement du territoire.
Nous parlons des élections.
Nous parlons peu des sols qui s’épuisent.
Nous parlons des majorités parlementaires.
Nous parlons peu du Fleuve Congo.
Nous parlons des coalitions.
Nous parlons peu de l’agriculture.
Nous parlons des institutions.
Nous parlons peu des générations futures.
Pourtant, le Congo n’est pas seulement un État.
C’est un immense territoire vivant.
C’est l’un des plus grands réservoirs d’eau douce du monde.
C’est le cœur du Bassin du Congo.
C’est l’une des plus grandes réserves de biodiversité de la planète.
C’est une terre agricole exceptionnelle.
C’est une jeunesse immense.
C’est un carrefour africain.
La véritable question constitutionnelle devrait donc être :
Quelle organisation politique permettra de protéger, développer et transmettre cet héritage ?
La durée du mandat présidentiel n’est qu’un instrument.
La mission nationale est la finalité.
Si nous ne définissons pas clairement cette mission, cinq ans ne suffiront pas.
Sept ans ne suffiront pas davantage.
Même dix ans ne suffiraient pas.
Car le problème ne serait plus le temps accordé aux dirigeants.
Le problème serait l’absence de direction collective.
Le Congo a besoin d’un débat plus vaste que celui du mandat.
Il a besoin d’un débat sur sa vocation.

