Le siège de la Banque centrale du Congo à KinshasaLe siège de la Banque centrale du Congo à Kinshasa

Certains courants affirment que la solidité du bilan d’une banque centrale constitue un élément déterminant pour sa crédibilité et son efficacité dans la conduite de la politique monétaire. Pendant plusieurs années, le bilan de la Banque Centrale du Congo (BCC) a renseigné des créances non productives sur le Trésor public, héritées de périodes de déséquilibres macroéconomiques persistants. Ces créances, ne générant pas de flux financiers réguliers, ont limité sa capacité à couvrir ses charges opérationnelles et à financer ses interventions, nécessaires à la régulation de la liquidité sur le marché monétaire.

Dans ce contexte, la recapitalisation de la Banque Centrale s’est imposée comme une nécessité à la fois juridique et économique, conformément aux dispositions de la Loi Organique n°18/027 du 13 décembre 2018. Au-delà d’un simple ajustement comptable, cette réforme vise à restaurer durablement la solidité financière de la Banque et à garantir l’atteinte de son objectif relatif à la stabilité du niveau général des prix.

Mécanisme de transformation des créances

La réforme s’est matérialisée par la transformation progressive des créances non productives détenues par la BCC sur l’État en actifs financiers générateurs de revenus.

Dans ce cadre, le protocole d’accord signé en décembre 2021 entre le Gouvernement et la Banque Centrale et ses deux avenants en avril 2022 et novembre 2025 ainsi que la convention sur la recapitalisation de novembre 2023, ont permis de convertir ces créances en titres publics productifs d’intérêts suivant les étapes ci-après :

  • Assainissement du bilan de la Banque par notamment la prise en charge par l’Etat des pertes d’exploitation et pertes de change latentes. Mais aussi, il en est de même de la régularisation des créances y relatives ainsi que les avances lui consenties (phase réalisée et couverte par un Protocole d’accord et deux avenants) ;
  • Augmentation du capital de la Banque de CDF 60 milliards à CDF 213 milliards, niveau requis par la Loi organique, suivant les modalités de libération convenues avec l’Etat (phase réalisée et couverte par une Convention ad hoc) ;
  • Détermination des besoins en fonds propres de la Banque, conformément aux dispositions de la Loi Organique (phase en cours de réalisation).

Enjeux stratégiques pour la politique monétaire

Le renforcement de la situation financière de la Banque Centrale constitue un facteur déterminant pour l’efficacité de la politique monétaire.

En premier lieu, il permet à la BCC de conduire ses opérations de régulation de la liquidité avec une plus grande marge de manœuvre. La Banque peut ainsi recourir aux instruments de politique monétaire, notamment l’émission des Bons BCC, afin d’absorber les excédents de liquidité du système bancaire sans que le coût de ces opérations ne pèse excessivement sur son résultat financier.

En second lieu, l’amélioration de la structure du bilan contribue à renforcer l’indépendance financière de la Banque Centrale.

En réduisant la nécessité de recourir à des soutiens budgétaires pour couvrir d’éventuelles pertes opérationnelles, la BCC consolide son autonomie dans la conduite de la politique monétaire.

Enfin, une banque centrale financièrement solide envoie un signal positif aux investisseurs et aux partenaires internationaux. Elle contribue à renforcer la crédibilité de la politique monétaire et à stabiliser les anticipations d’inflation, tout en favorisant une plus grande stabilité sur le marché des changes.

Texte tiré du Rapport sur la Politique monétaire en 2025 de la Banque centrale du Congo

By amedee

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