Pour cette 17ème épidémie d’Ebola déclarée depuis le 15 mai 2026, le Plan de riposte du Gouvernement privilégie la mise en œuvre des mesures de santé publique et la prise en charge rapide de malades pour interrompre la chaine de transmission, en l’absence des vaccins et des médicaments curatifs. Sur les 17 épisodes d’épidémie Ebola, 15 ont été maitrisés sans l’utilisation des vaccins ni des médicaments curatifs.
Un Spécial Briefing Presse a été co-animé le mardi 19 mai autour du thème « 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC : état de la situation et mesures de riposte » par le Ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Roger Samuel Kamba Mulamba, le virologue et Directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), Dr Jean-Jacques Muyembe Tamfum sous la modération du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe. Le Directeur général d’Africa CDC, Jean Kasseya en séjour à Kinshasa, a pris aussi la parole pour faire le point sur l’implication de son institution dans la riposte contre cette 17e épidémie Ebola en RDC.
Faisant le bilan de l’épidémie depuis sa confirmation le 15 mai 2026, le ministre de la Santé a indiqué 136 décès probables, 69 malades et 543 cas suspects en observation. À ce jour, 4 zones de santé sont touchées dans la province de l’Ituri à savoir Mungwalu, Bunia, Rwampara et Nyakunde. La ville de Butembo, au Nord-Kivu, est également touchée, tout comme la ville de Goma où un cas a déjà été enregistré. Concernant les échantillons analysés dans les laboratoires, notamment à l’INRB, 32 cas positifs ont été confirmés.
Le ministre Roger Nkamba a tenu à préciser que le virus Ebola détecté est celui de la souche Bundibugyo. Il est moins virulent et moins spectaculaire que celui de la souche zaïre, car présentant des symptômes bénins. Budibungyo a un taux de létalité de 40% contre 80% pour la souche zaïre.
Cependant, le ministre de la Santé a précisé que « nous n’avons pas fait beaucoup d’études sur cette souche et nous n’avons pas de vaccin ni de traitement curatif ». Pour autant, il a toute suite indiqué que sur les 17 épidémies Ebola que la RDC a connues, 15 ont été vaincues sans l’utilisation des vaccins ni de médicaments curatifs.
Dès lors, le Plan de riposte élaboré par le ministère de la Santé en accord avec le Gouvernement de la RDC privilégie d’abord la mise en œuvre des mesures de santé publique pour stopper la chaîne de transmission : isolement rapide des malades, protection du personnel soignant contre les infections à l’aide d’équipements adaptés et utilisation de désinfectants. Ce qui suppose notamment le traçage de toutes les personnes ayants été en contact avec les malades.

Par ailleurs, ce virus Ebola de souche Bundibugyo est venu de la forêt dans l’extrême nord-est de la RDC, à la frontière avec l’Ouganda et proche du Sud-Soudan.
Selon le Docteur Muyembe, Ebola Zaïre provoque une maladie sévère avec plus de 50 % de signes hémorragiques et une mortalité dépassant 80 %. En revanche, la souche Bundibugyo, observée notamment à Isiro, présente des symptômes plus modérés et une mortalité avoisinant 40 %. Elle est donc considérée comme moins pathogène qu’Ebola Zaïre.
« Malheureusement, nous n’avons pas encore mené suffisamment d’études sur la souche Bundibugyo, surtout dans notre pays. Nous ne disposons ni de vaccin ni de traitement curatif. Mais dans les prochains jours, nous allons certainement mettre en place des candidats vaccins et des molécules thérapeutiques afin d’essayer de trouver une solution pour traiter les malades atteints d’Ebola-Bundibugyo », a promis le Dr Muyembe.

A savoir que les chercheurs de l’INRB/Kinshasa ont séquencé en moins de 24 heures, le génome complet du virus responsable de cette 17e épidémie d’Ebola, selon le virologue congolais Jean- Jacques Muyembe. « Notre force, c’est vraiment d’avoir séquencé les génomes complets du virus Bundibugyo en moins de 24 heures », a-t-il déclaré.
Selon le scientifique, le virus détecté à Bunia appartient à la souche Bundibugyo, mais présente des caractéristiques distinctes des variants identifiés en Ouganda en 2007 et à Isiro en 2012. « Le virus de Bunia est un variant de Bundibugyo distinct des variants de 2007 et de 2012 », a-t-il précisé, évoquant une probable transmission zoonotique.
« Cela veut dire qu’il s’agit d’une entrée ou d’une sortie d’une infection zoonotique : à partir d’un animal, nous avons été infectés », a expliqué le directeur général de l’INRB, insistant qu’« il ne s’agit pas d’un nouveau virus », mais d’« un variant distinct » déjà rattaché de la famille Bundibugyo.
Quant au Directeur général d’Africa CDC, Jean Kasseya, il a indiqué que son institution met à la disposition du Gouvernement de la RDC 1 million de dollars américains pour le déploiement du personnel dans les zones de riposte. il a aussi annoncé que que Africa CDC est en train de travailler sur trois types de vaccin contre le virus Ebola de la souche Bundibugyo
Amédée Mwarabu
