En lieu et place de présenter le rapport définitif sur l’état liquidatif de la paie des agents publics, la Première ministre Judith Suminwa s’est amenée plutôt avec une litanie d’explications au cours du dernier conseil des ministres évoquant « certaines insuffisances affectant la qualité, la cohérence et la fiabilité des données servant de base à la gestion des effectifs et à l’élaboration de la paie de l’État ». Du coup, l’instruction donnée par le président de la République le 20 février dernier lors du 79ème Conseil des ministres de présenter endéans 30 jours un rapport sur l’état liquidatif de la paie des agents publics ne trouve pas d’échos plus de trois mois après. Pourtant, Félix Tshisekedi exigeait ce rapport dans le but de « contenir les pressions croissantes exercées sur la trésorerie de l’Etat par l’accroissement de la masse salariale consécutive entre-autres à l’engagement des nouvelles unités sans maitrise suffisante des effectifs ni des mécanismes de vérification ». Ce, dans l’objectif de garantir la soutenabilité des finances publiques et d’assurer la continuité des opérations financières de l’Etat, à travers le financement des priorités du Gouvernement et des responsabilités de celui-ci dont notamment le paiement régulier, dans le délai, des salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat. Tenant beaucoup sur ce travail d’audit, le chef de l’Etat avait réitéré son empressement au cours du Conseil des ministres de mai 2026. Hélas, sans résultat à ce jour/
Au cours du Conseil des ministres du 12 juin 2026, la Première Ministre Judith Suminwa a fait le point sur l’état d’avancement et la poursuite des travaux d’audit de l’état liquidatif de la paie des agents et fonctionnaires de l’État.
Dans le cadre de la mise en œuvre des mesures relatives à la prise en charge des agents et fonctionnaires de l’État certifiés, réguliers et non encore mécanisés, et compte tenu de la nécessité de procéder à un audit approfondi de l’état liquidatif de leur paie, elle a présidé, le vendredi 5 juin 2026 à la Primature, une réunion de coordination technique de la Commission ad hoc chargée dudit audit, rapporte le compte rendu fait par le porte-parole du Gouvernement.
Cette réunion a rassemblé les membres de la coordination politique ainsi que l’Inspecteur général des finances – Chef de service ainsi que les experts désignés par le Vice-Premier Ministre, Ministre en charge de la Fonction Publique, alors retenu en mission.
« Dans le prolongement des préoccupations exprimées par le Président de la République, notamment lors des 79ème et 90ème réunions du Conseil des Ministres, les travaux ont permis d’établir un état des lieux des principaux enseignements issus de la première phase de l’audit. Il en ressort l’existence de certaines insuffisances affectant la qualité, la cohérence et la fiabilité des données servant de base à la gestion des effectifs et à l’élaboration de la paie de l’État. Les analyses effectuées ont mis en évidence des écarts entre les différentes bases de données administratives, ainsi que la persistance de situations nécessitant des vérifications complémentaires concernant certaines composantes de la dépense salariale », peut-on lire dans le compte rendu du Conseil des ministres.
Pour la Première ministre, ces constats confirment la nécessité de poursuivre les investigations afin de disposer d’une cartographie exhaustive et fiable des effectifs de l’État, de sécuriser davantage la chaîne de rémunération et de renforcer la transparence ainsi que la soutenabilité de la masse salariale publique.
À cette occasion, la cheffe du Gouvernement a rappelé aux membres de la Coordination politique l’importance de veiller, chacun en ce qui le concerne, à la disponibilité effective de leurs experts respectifs ainsi qu’à la mise à disposition diligente de l’ensemble des bases de données, fichiers administratifs et informations nécessaires à la poursuite des travaux. Elle a souligné que l’atteinte des objectifs assignés à cette deuxième phase dépendra de la capacité des administrations concernées à fournir, dans les délais impartis, des données complètes, fiables et exploitables permettant d’approfondir les vérifications engagées.
Ainsi, la Première Ministre a demandé au Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget, de veiller au respect de la feuille de route validée afin d’assurer la bonne conduite desdits travaux.
Amédée Mwarabu

