Sénateur Prof. Faustin LuangaSénateur Prof. Faustin Luanga

Sénateur Prof Faustin Luanga

  1. Préambule doctrinal : l’informel comme phénomène systémique

Dans le débat public congolais, l’économie informelle est souvent décrite comme une anomalie, une zone grise où prospèrent irrégularité, vulnérabilité et perte fiscale. Pourtant, l’informel n’est pas un accident de l’histoire économique de la République Démocratique du Congo (RDC). Il en est l’un des fondements. Il ne constitue pas une anomalie marginale, mais un système socio‑économique structurant. L’économie informelle en RDC s’inscrit dans une logique de substitution institutionnelle : lorsque l’État est absent, incomplet ou inefficace, l’informel devient un ordre économique parallèle, doté de ses propres règles, réseaux et mécanismes de régulation, une architecture sociale et économique qui s’est imposée là où l’État n’a pas su, ou pas pu, occuper l’espace.

Dans la littérature économique, l’informel est défini comme l’ensemble des activités échappant aux normes fiscales, sociales et statistiques de l’État (Schneider & Williams, 2013). En RDC, ce phénomène a vu atteint une ampleur exceptionnelle : plus de 84 % des activités économiques se déroulent hors du champ formel (Banque mondiale, 2020 et 2025). Ce chiffre, qui prolonge les estimations de 2020, ne dit pas seulement l’ampleur du phénomène : il dit la persistance d’un modèle. En RDC, l’informel n’est pas un secteur ; il est une condition. Il organise les trajectoires professionnelles, structure les modes de production et façonne les mécanismes de survie dans une économie où le marché formel demeure trop étroit pour absorber la population active.

  1. L’informel comme espace de survie : une rationalité politique

L’informel n’est pas seulement un secteur économique ; il est un mode de survie et un instrument de résilience sociale. Dans un pays où le chômage formel est structurel, où les protections sociales sont embryonnaires et où l’État peine à assurer ses fonctions essentielles, l’informel devient un filet de sécurité pour des millions de Congolais.

Cette fonction de survie est documentée dans les travaux sur les économies à faible revenu (Chen, 2012). Elle révèle une vérité politique fondamentale :

l’informel protège l’individu lorsque l’État ne le peut pas.

Cette protection, cependant, est ambivalente: elle est immédiate, mais elle est aussi précaire, instable et dépourvue de garanties juridiques.

  1. L’informel comme espace de vulnérabilité et d’irrégularité

L’économie informelle expose les acteurs à une série de vulnérabilités structurelles : absence de droits sociaux, instabilité des revenus, dépendance à des réseaux non institutionnalisés, exposition aux abus et à la corruption.

Elle constitue également un espace d’irrégularité où les normes fiscales et commerciales sont contournées. Cette situation crée une asymétrie de pouvoir entre les acteurs économiques et fragilise la capacité de l’État à exercer ses prérogatives régaliennes.

Dans une perspective doctrinale, l’informel est donc un espace de liberté individuelle, mais aussi un espace de fragilité collective.

  1. Les effets macroéconomiques : une fragilisation de l’État

La domination de l’informel a des implications majeures pour la gouvernance publique.

Les recettes fiscales de la RDC représentent 7 à 8 % du PIB, l’un des taux les plus faibles d’Afrique (FMI, 2025). Cette faiblesse est directement liée à l’informel, qui réduit la base taxable et encourage la fragmentation des circuits économiques.

Conséquences :  l’État planifie difficilement, il investit peu, il redistribue faiblement, il dépend de rentes externes (mines, aide internationale).

Dans une perspective politique, cela signifie que : l’informel affaiblit l’État, même lorsqu’il stabilise la société.

Cette tension entre stabilité sociale et fragilité institutionnelle est au cœur de la problématique congolaise.

  1. ’informel et le développement : une entrave structurelle, non absolue

Dire que l’informel « empêche le développement » serait une simplification excessive.

La littérature économique montre que l’informel peut coexister avec une croissance réelle, notamment dans les secteurs du commerce, de l’agriculture et des services (La Porta & Shleifer, 2014).

Cependant, l’informel : limite la productivité, freine la modernisation, réduit la capacité de l’État à mobiliser des ressources, fragmente les chaînes de valeur, empêche la planification à long terme.

Ainsi, l’informel n’empêche pas le développement ; il le déforme, le rend chaotique, irrégulier, non soutenable.

Des vendeuses au marché. Photo d'illustration
Des vendeuses au marché. Photo d’illustration
  1. Analyse comparative africaine : convergences, divergences et enseignements régionaux

L’économie informelle en Afrique subsaharienne présente des caractéristiques communes, mais aussi des divergences structurelles qui permettent de situer la RDC dans un cadre comparatif plus large. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), l’informel représente 82 % de l’emploi total dans la région (OIT, 2018), ce qui confirme son rôle systémique dans les économies africaines.

6.1. Convergences régionales : l’informel comme matrice socioéconomique dominante

Plusieurs pays africains partagent avec la RDC une forte prévalence de l’informel :

  • Nigeria : plus de 65 % du PIB provient de l’informel, notamment dans le commerce urbain et les services (Medina & Schneider, 2019).
  • Tanzanie : près de 80 % de la population active travaille dans l’informel, avec une forte présence dans l’agriculture et le commerce (ILO, 2018).
  • Ghana : environ 70 % de l’emploi est informel, avec une structuration avancée des associations professionnelles (Steel & Snodgrass, 2008).

Ces pays montrent que l’informel n’est pas un phénomène congolais isolé, mais un pattern continental lié à des États en construction, à des systèmes fiscaux faibles et à des marchés du travail peu structurés.

6.2. Divergences structurelles : le cas congolais comme extrême institutionnel

La RDC se distingue toutefois par trois éléments :

  • L’ampleur exceptionnelle de l’informel (plus de 84 % des activités économiques), supérieure à la moyenne régionale (Banque mondiale, 2020 et 2025).
  • La faiblesse extrême de la pression fiscale (7–8 % du PIB), inférieure à celle du Nigeria (12 %), du Kenya (18 %) ou du Ghana (16 %) (FMI, 2021).
  • La fragmentation territoriale, qui renforce les économies locales informelles.

Ainsi, la RDC représente un cas limite où l’informel devient non seulement dominant, mais structurant, révélant un État dont l’architecture institutionnelle et économique demeure inachevée.

6.3. Enseignements comparatifs

L’analyse comparative montre que :

  • Les pays ayant réduit l’informel (Rwanda, Botswana, Maurice) ont investi dans l’administration fiscale, l’identité numérique, la formalisation progressive, et la protection sociale minimale (Joshi, Prichard & Heady, 2014).
  • Les pays ayant laissé l’informel dominer (RDC, Nigeria, Sierra Leone) présentent des États incomplets, des capacités administratives faibles, et une faible intégration territoriale.

Ces enseignements permettent de situer la RDC dans une trajectoire où la réforme institutionnelle et économique devient une condition préalable à toute réduction de l’informel.

  1. Typologie sectorielle de l’informel en RDC : une économie plurielle et fragmentée

L’informel en RDC n’est pas homogène. Il se décline en plusieurs sous‑secteurs, chacun doté de logiques propres, de réseaux spécifiques et de modes de régulation distincts. Cette typologie s’inscrit dans les travaux de Chen (2012) sur la pluralité des économies informelles.

7.1. Commerce urbain et transfrontalier

Le commerce informel constitue le cœur de l’économie urbaine :

  • marchés populaires à Kinshasa (Zando, Gambela, Matadi Kibala, et d’autres grands wenze),
  • commerce transfrontalier (Goma–Gisenyi, Kasumbalesa, Mahagi),
  • réseaux de distribution non institutionnalisés.

Ce secteur est caractérisé par une forte fluidité, une rotation rapide du capital, et une absence quasi totale de fiscalisation (La Porta & Shleifer, 2014).

7.2. Transport et logistique informels

Le transport informel (taxis, motos – wewa -, bus privés, camions non enregistrés) joue un rôle essentiel dans la mobilité : absence de régulation, tarification flexible, forte exposition aux abus et à la corruption.

Il constitue un service public de substitution, compensant l’insuffisance des infrastructures formelles.

7.3. Mines artisanales et semi‑industrielles

Le secteur minier artisanal représente une part importante de l’économie informelle :

  • exploitation artisanale du cobalt, de l’or, du diamant, du coltan,
  • réseaux d’achat informels,
  • dépendance à des intermédiaires non régulés.

Les travaux de Geenen (2014) montrent que ce secteur illustre la tension entre richesse naturelle et absence de gouvernance, avec des implications majeures pour la fiscalité et la sécurité.

7.4. Agriculture vivrière et rurale

L’agriculture vivrière est largement informelle : production non enregistrée, absence de chaînes de valeur structurées, faible accès au crédit et aux intrants.

Elle constitue le principal filet de survie rural, mais limite la modernisation agricole (FAO, 2017).

7.5. Services informels

Les services informels incluent : réparation, coiffure, couture, restauration, services domestiques, micro‑entreprises non enregistrées.

Ce secteur est marqué par une forte flexibilité, mais une faible productivité (Schneider & Williams, 2013).

7.6. Fragmentation territoriale : une géographie différenciée de l’informel en RDC

La dynamique de l’informel en RDC ne peut être comprise sans une lecture territoriale fine. La fragmentation spatiale du pays — héritée de l’histoire politique, des infrastructures inégales et des économies locales — produit des écosystèmes informels distincts, chacun doté de logiques propres. Cette approche territoriale s’inscrit dans les travaux de l’économie géographique africaine (Meagher, 2010 ; Goodfellow, 2020).

  1. Kivu : l’informel minier et transfrontalier

Dans les Kivus (Nord Kivu et Sud Kivu), l’informel est structuré autour de deux pôles : l’exploitation minière artisanale (or, coltan, cassitérite), et le commerce transfrontalier avec le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi.

Les frontières poreuses, la présence de groupes armés et la faiblesse de l’État créent un espace où l’informel devient une économie politique de survie (Vlassenroot & Raeymaekers, 2004). Les réseaux transfrontaliers jouent un rôle central dans la circulation des biens, des devises et des normes.

  1. Katanga : une semi‑industrialisation informelle

Le Katanga présente une configuration différente : une présence de coopératives minières semi‑industrialisées, une émergence de micro‑industries informelles autour du cuivre et du cobalt, et une forte densité d’intermédiaires et de négociants.

Cette semi‑industrialisation informelle crée une économie hybride où les acteurs naviguent entre formel et informel, souvent en fonction des opportunités fiscales ou réglementaires (Rubbers, 2019).

  1. Maniema et Grand Kasaï : l’agriculture vivrière comme matrice informelle

Dans le Maniema et le Grand Kasaï, l’informel est dominé par : l’agriculture vivrière, les circuits de distribution non structurés, et les marchés ruraux et périurbains.

L’absence d’infrastructures logistiques et de mécanismes de crédit renforce une économie de subsistance où les ménages dépendent de réseaux communautaires pour la production et l’échange (FAO, 2017).

  1. Kinshasa : commerce urbain et services informels

Kinshasa constitue le cœur de l’informel urbain : marchés populaires (Zando, Gambela, Matadi Kibala), transport informel (taxis, wewa), services à faible capital (coiffure, couture, restauration).

La capitale illustre une économie informelle de densité, où la proximité spatiale favorise la fluidité des échanges, mais aussi la vulnérabilité aux abus et à la corruption (De Boeck & Plissart, 2004).

Cette fragmentation territoriale montre que l’informel n’est pas un bloc homogène, mais une mosaïque d’économies locales, chacune façonnée par l’histoire, la géographie, les infrastructures et les réseaux sociaux.

7.7. Dimension sociologique : normes, réseaux et solidarités dans l’économie informelle

Au‑delà des activités économiques, l’informel constitue un espace social, structuré par des normes, des réseaux et des solidarités. Cette dimension sociologique est essentielle pour comprendre sa résilience et sa capacité à se substituer à l’État. Les travaux de sociologie économique africaine (Granovetter, 1985 ; Meagher, 2016) éclairent ces dynamiques.

  1. Les normes sociales comme régulation informelle

Dans l’informel, les règles ne sont pas écrites, mais elles sont connues : normes de confiance, obligations communautaires, mécanismes de réputation, sanctions sociales.

Ces normes jouent un rôle de régulation substitutive, particulièrement dans les espaces où l’État est absent ou inefficace.

  1. Les réseaux communautaires : une architecture invisible

Les réseaux — familiaux, ethniques, religieux, territoriaux — structurent l’accès : au capital, aux clients, aux fournisseurs, à la protection.

Ils constituent une infrastructure sociale qui permet aux acteurs de survivre dans un environnement économique incertain (Meagher, 2010).

  1. Les solidarités comme filet de sécurité

Les solidarités communautaires remplacent souvent les protections sociales formelles : les tontines (likelemba), les associations de marché, les coopératives informelles, et les réseaux de voisinage.

Ces mécanismes assurent une redistribution minimale, mais ils peuvent aussi renforcer des hiérarchies locales ou des dépendances.

  1. L’informel comme espace identitaire

L’informel n’est pas seulement une activité économique : il est un espace identitaire, un lieu où se construisent des appartenances, des statuts et des trajectoires sociales.

Cette dimension identitaire explique en partie la résistance des acteurs à la formalisation lorsqu’elle est perçue comme une menace pour les équilibres communautaires.

L’informel apparaît ainsi comme : un système social, une économie morale, une architecture de survie, et un espace de reproduction des normes.

Cette dimension sociologique renforce l’idée que l’informel est une condition politique, et non un simple secteur économique.

Vendeur ambulant de café
Vendeur ambulant de café
  1. Réformes institutionnelles : une prospective pour la transformation structurelle

La réduction de l’informel ne peut résulter d’une simple formalisation administrative. Elle exige une refondation institutionnelle, une transformation progressive et une approche systémique. Les travaux sur la fiscalité dans les pays à faible revenu (Moore, 2015) montrent que la formalisation réussie repose sur la confiance dans l’État et la simplicité des régimes fiscaux.

8.1. Renforcer l’État fiscal

Par la modernisation de la DGI, DGDA et DGRAD, la digitalisation des procédures, l’élargissement de la base taxable, et la simplification des régimes fiscaux pour les micro‑entreprises.

Une fiscalité simple, progressive et numérique est la condition de la formalisation (Joshi et al., 2014).

8.2. Construire un État social minimal

Par l’assurance santé de base, la  protection sociale minimale, et les mécanismes de soutien aux travailleurs vulnérables.

La formalisation ne peut réussir que si l’État offre des incitations sociales (ILO, 2018).

8.3. Structurer les chaînes de valeur locales

Par l’intégration des marchés, des infrastructures logistiques, des zones économiques locales, la formalisation progressive des réseaux de distribution.

La formalisation doit être sectorielle, non uniforme.

8.4. Réformer la gouvernance minière artisanale

Par l’enregistrement des coopératives, la  traçabilité numérique, et l’intégration dans les chaînes de valeur industrielles.

Ce secteur peut devenir un levier de formalisation (Geenen, 2014).

8.5. Déployer une stratégie nationale de formalisation progressive

Par une approche graduelle, un ciblage des secteurs prioritaires, des partenariats public‑privé, renforcement des capacités locales.

La formalisation doit être pensée comme un processus, non comme une injonction.

  1. Conclusion doctrinale : l’informel comme matrice d’un État inachevé

L’économie informelle en RDC ne relève ni de l’accident historique ni de la défaillance ponctuelle : elle constitue l’armature invisible d’un ordre économique parallèle qui s’est imposé « là où l’État n’a pas su, ou pas pu, occuper l’espace ». Elle est à la fois le symptôme et le révélateur d’une architecture institutionnelle et économique incomplète, où les fonctions régaliennes – fiscales, sociales, productives – demeurent fragmentées, inégales et parfois absentes.

Dans cette perspective, l’informel doit être compris comme une ambivalence constitutive : il protège l’individu lorsque l’État échoue (« l’informel protège l’individu lorsque l’État ne le peut pas » ), mais cette protection se paie d’une fragilité systémique qui affaiblit la capacité de l’État à se projeter, à planifier et à redistribuer. L’informel stabilise la société, mais il fragilise l’État ; il permet de vivre, mais il empêche de se transformer.

Cette ambivalence produit une conséquence doctrinale majeure : l’informel n’est pas un secteur économique, mais une condition politique. Il révèle un État dont la souveraineté fiscale est réduite (7–8 % du PIB), dont la base productive est fragmentée, et dont la capacité de projection stratégique demeure limitée. Il révèle également une économie duale où le formel et l’informel coexistent sans se renforcer, créant une dynamique de développement chaotique, irrégulière et non soutenable.

Dans une perspective comparative, la RDC représente un cas extrême où l’informel devient structurant, dépassant les moyennes africaines et révélant une architecture institutionnelle et économique inachevée. Les pays ayant réussi à réduire l’informel – Rwanda, Botswana, Maurice – montrent que la transformation ne procède pas d’une injonction administrative, mais d’une refondation de l’État fiscal, social et productif.

La réduction de l’informel en RDC ne sait  pas être un objectif sectoriel, mais un projet de reconstruction étatique.

Elle exige une transformation progressive, systémique, articulée autour de la fiscalité, de la protection sociale, de la gouvernance minière, et de la structuration des chaînes de valeur.

L’informel est le moteur de la survie, mais l’obstacle de la transformation.

Il est la preuve que l’État existe, mais qu’il n’est pas encore complet.

Il est la matrice d’un pays qui vit, mais qui ne se développe pas encore pleinement.

Sénateur Prof Faustin Luanga

*Luanga M. F. (2026). Penser librement, Exister pleinement – Appel à la conscience congolaise. MediaComX. © Droits d’auteur protégés.

Références bibliographiques

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  • Chen, M. (2012). The Informal Economy: Definitions, Theories and Policies. WIEGO Working Paper.
  • De Boeck, F., & Plissart, M.-F. (2004). Kinshasa: Tales of the invisible city.
  • (2017). The State of Food and Agriculture.
  • Fonds monétaire international. (2021 et 2025). Perspectives économiques régionales – Afrique subsaharienne.
  • Geenen, S. (2014). Dispossession, displacement and resistance in artisanal mining communities.
  • Goodfellow, T. (2020). Political settlements and urban informality: Insights from African cities. Urban Studies, 57(3), 581–599.
  • Granovetter, M. (1985). Economic action and social structure: The problem of embeddedness. American Journal of Sociology, 91(3), 481–510.
  • (2018). Women and Men in the Informal Economy: A Statistical Picture.
  • Joshi, A., Prichard, W., & Heady, C. (2014). Taxing the Informal Economy: Challenges, Possibilities and Emerging Policy Options. IDS Working Paper.
  • La Porta, R., & Shleifer, A. (2014). Informality and Development. Journal of Economic Perspectives, 28(3), 109–126.
  • Luanga M. F. (2026). Penser librement, Exister pleinement – Appel à la conscience congolaise.
  • Meagher, K. (2010). Identity economics: Social networks and the informal economy in Nigeria. James Currey.
  • Meagher, K. (2016). The informal economy and social networks in Africa.
  • Medina, L., & Schneider, F. (2019). Shadow Economies Around the World: What Did We Learn Over the Last 20 Years? IMF Working Paper.
  • Moore, M. (2015). Taxation and Development.
  • Rubbers, B. (2019). Mining boom, labor market segmentation, and social inequality in the Democratic Republic of Congo. African Affairs, 118(472), 395–418.
  • Schneider, F., & Williams, C. (2013). The Shadow Economy. Institute of Economic Affairs.
  • Steel, W., & Snodgrass, D. (2008). Raising Productivity and Reducing Risks of Household Enterprises. World Bank.

 

 

 

 

By amedee

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