Jo SekimonyoJo Sekimonyo

Le secret d’un bon magicien consiste à détourner l’attention du public de ce qui se joue réellement. Les Congolais tombent dans ce piège en jugeant les sanctions américaines à la survie des États visés.

Depuis quand l’objectif d’une sanction est-il nécessairement de faire disparaître un pays ou de renverser son gouvernement ? Avant de conclure à un échec, encore faut-il établir ce que Washington cherchait à obtenir et ce qu’il a effectivement obtenu. Ou mesurez-vous ses résultats à partir d’objectifs que vous lui attribuez vous-même ? L’Iran a négocié l’accord nucléaire de 2015 sous la pression des sanctions internationales, sans cesser d’exister. En Afrique du Sud, les sanctions ont également contribué, avec les luttes internes, à la fin de l’apartheid.

L’affirmation selon laquelle les États-Unis n’ont « nulle part » réussi à faire fléchir un État ne résiste déjà pas à ces précédents historiques. Concernant le Rwanda, il faut pousser le raisonnement plus loin. Et si Washington obtenait précisément ce qu’il recherche, sans chercher à obtenir ce que vous supposez être son objectif ? La véritable analyse commence lorsqu’on distingue les intentions affichées, les intérêts poursuivis, les concessions obtenues et les résultats observables. Sans cette distinction, on risque de prendre le spectacle diplomatique pour la réalité des rapports de force.

Les faiblesses du régime de Kinshasa, de ses choix politiques et de ses défaillances institutionnelles, qui n’ont rien à voir avec une quelconque question de respect de soi. Nous sommes d’accord sur l’absence d’amitiés permanentes en relations internationales. C’est justement pourquoi je critique un pouvoir qui confond la convergence des intérêts américains avec une garantie de sécurité, considère la signature d’accords comme une victoire diplomatique et attend des sanctions étrangères ce qu’il peine à obtenir par ses propres moyens.

La RDC possède une superficie, une population et des ressources considérablement supérieures à celles du Rwanda. Pourtant, ces avantages ne se traduisent pas automatiquement en puissance politique, militaire ou diplomatique.

La faiblesse d’un régime ne signifie pas la faiblesse de son pays, encore moins celle de son peuple. Dire « respectons-nous et les autres nous respecteront » ramène un problème structurel de gouvernance, d’organisation de l’État et de rapports de force à une simple injonction morale. Ce qui manque à Kinshasa (régime en place), ce n’est pas une déclaration supplémentaire de dignité nationale, c’est la capacité institutionnelle et stratégique de transformer les ressources de la RDC en puissance effective.

J’aide la nation et j’assiste le président de la République dans l’exercice de ses fonctions, en sa qualité de mon employé, rémunéré par les ressources publiques. Le président n’est pas mon chef. Il est un mandataire du peuple, chargé d’exercer les responsabilités que la Constitution lui confère. La souveraineté appartient au peuple, et non à celui qui exerce temporairement le pouvoir. Cette distinction est fondamentale dans notre conception de l’État et de la citoyenneté.

Jo M. Sekimonyo

By amedee

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