Le ministre de l’Intégration régionale a appelé les Congolais à s’approprier ce processus de démilitarisation, démobilisation et cantonnement des FDLR étant donné qu’il est une étape cruciale pour vider tous les alibis de l’agression rwandaise mais surtout parce que devant permettre la mise en œuvre du partenariat stratégique entre la RDC et les Etats-Unis d’Amérique, avec à la clé plusieurs investissements américains sur le sol congolais.
Le ministre de l’Intégration Régionale, Floribert ANZULUNI ISILOKETSHI, lors du Spécial Briefing Presse co-animé le mardi 28 juillet 2026 avec le porte-parole du Gouvernement Patrick Muyaya, a qualifié de « tournant » la signature du Protocole de démilitarisation, démobilisation et cantonnement des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) entre le Gouvernement de la République démocratique du Congo et le leadership militaire et civil des FDLR.
Pour Floribert ANZULUNI, ce Protocole, conclu avec les FDLR, rentre dans le cadre des engagements du Gouvernement congolais pour mettre en œuvre l’Accord stratégique, signé le 4 décembre 2025, entre le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue américain Donald Trump, relatif au processus de paix dans la partie Est de la RDC.
Ce qui a poussé le ministre Anzuluni de déclarer : «Aujourd’hui, nous sommes heureux de vous annoncer qu’il y a eu une évolution importante sur cette question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Les FDLR, après un long processus, ont bien signé un protocole de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement».
A l’en croire, les FDLR se sont engagés à dissoudre définitivement leur mouvement rebelle et de rentrer au Rwanda pour certains ou aller dans un pays tiers pour d’autres. Cependant, comme ils redoutent que leur retour ne soit sécurisé par Kigali, ils ont accepté à ce que la communauté internationale sécurise leur rapatriement au Rwanda.
«Comme vous le savez tous, le 4 décembre dernier, la République démocratique du Congo a signé un accord de paix à Washington, sous la facilitation des États-Unis, du président américain, avec le Rwanda. Accord de paix auquel étaient adossés des engagements de deux parties. Ces engagements se retrouvent partiellement dans ce que vous connaissez probablement, le CONOPS, le concept opérationnel qui reprend l’opérationnalisation des différentes étapes. Alors, dans le cadre de ce CONOPS, le Rwanda s’est engagé tout d’abord à retirer ses troupes de la RDC, à quitter le territoire congolais. C’est ce qu’ils ont appelé la levée des mesures défensives. Et la RDC s’est engagée à neutraliser le mouvement rwandais, les FDLR. Par neutralisation, nous entendons réduire ce que le Rwanda qualifie de menace que représentaient les FDLR vis-à-vis de son territoire», a expliqué le Ministre Floribert Anzuluni en luminaire de la conférence de presse.
Dans cette perspective, le ministre congolais de l’Intégration régionale a annoncé la constitution d’un Comité de mise en œuvre du Protocole de démilitarisation, démobilisation et cantonnement des FDLR avec le concours de la communauté internationale voire des organisation internationales spécialisées sur la question des réfugiés rwandais en RDC.
« Il est également important de préciser que la question qui se pose, c’est : où sont localisés, finalement, ces FDLR ? Là également, lors des discussions, dans le cadre de suivi qui a été mis en place après les accords de Washington, nous nous sommes (RDC, Rwanda et le facilitateur) accordés sur le fait que ces FDLR se trouveraient dans six zones. Cinq zones localisées dans le Nord-Kivu et une zone dans le Sud-Kivu, au niveau des hauts plateaux… Il est important de préciser que toutes les parties ont clairement déterminé que sur les six zones, cinq zones sont hors de contrôle de l’armée congolaise et sous contrôle du Rwanda/AFC-M23. Donc, il s’agit de quatre zones dans le Nord-Kivu et une zone dans le Sud-Kivu», a indiqué Floribert Anzuluni.
Pour autant, les FDLR ont exigé, pour leur cantonnement sur le territoire congolais qui nécessitera un chronogramme, un endroit éloigné de la ligne de front et sécurisé afin d’éviter des éventuelles attaques du Rwanda.
Selon le ministre Anzuluni, il y a déjà un pays tiers qui a accepté d’accueillir les FDLR qui ne voudraient pas rentrer au Rwanda. De même, en accord avec le leadership civil et militaire des FDLR ceux d’entre eux qui sont impliqués dans le crime sont volontiers d’être jugés par les juridictions compétentes.
« Le plus important pour nous, c’est le sérieux des procédures. Aujourd’hui, nous avons l’engagement des leaders politiques et militaires qui prendront part avec leurs combattants à ce processus de désarmement… Et donc, nous allons tout mettre en œuvre pour que la totalité, ou l’intégralité de ce qui reste, puisse prendre part à ce processus de démobilisation. Alors, pour ce qui est des garde-fous, effectivement, nous allons, dans le cadre de ce protocole, mettre en place un comité représenté par des partenaires régionaux et internationaux afin justement de nous assurer que ce processus va suivre le cheminement approprié, pas seulement au niveau de la démobilisation… Donc, très clairement, avec le soutien également technique du PDDRCS, notre mécanisme interne de démobilisation, et de tous les partenaires, nous allons mettre en place des outils et des mécanismes qui ne devraient plus permettre d’arriver à ce genre de situation», a-t-il rassuré.
Avant de clôturer cette conférence de presse, le ministre Anzuluni a lancé un appel au peuple congolais de s’approprier ce processus de démilitarisation, démobilisation et cantonnement des FDLR étant donné qu’il est une étape cruciale non seulement pour le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais mais aussi devant permettre la mise en œuvre du partenariat stratégique entre la RDC et les Etats-Unis d’Amérique, avec à la clé plusieurs investissements américains en RDC.
Rappelons que les FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) sont un groupe armé rebelle hutu rwandais, composé pour partie d’anciens militaires (ex-FAR) et de miliciens Interahamwe ayant fui au Zaïre (actuelle RDC) après le génocide au Rwanda en 1994. Certains étaient impliqués dans le génocide de 1994 au Rwanda pendant que d’autres sont nés ou ont grandi en exil.
Amédée Mwarabu
