A sa prise de fonctions le 4 aôut 2025, les réserves de change de la RDC étaient de l’ordre de 7,7 milliards USD. Suite à ses multiples interventions sur le marché de change pour maintenir bas le taux de la monnaie nationale, ces réserves internationales ont chuté jusqu’à atteindre 7,1 milliards USD au 26 février dernier. Depuis le 6 mai 2026, ce coussin financier de la RDC a franchit le cap de 8 milliards USD. En somme, sous Wameso, les réserves internationales de la RDC n’ont accru qu’à peine d’environ 300 millions grosso modo en 9 mois à la tête de l’Institut d’émission.
Les réserves internationales de la République démocratique du Congo se sont établies à 8 milliards 46,44 millions USD à la date du 6 mai 2026, soit une hausse hebdomadaire de 66,5 millions USD, garantissant une couverture d’importation des biens et services pendant une période de 3,07 mois, renseigne la note de conjoncture économique de la Banque centrale du Congo.
A sa prise de fonctions à la tête de la Banque centrale du Congo le 4 août 2025, les réserves internationales de la RRDC étaient évaluées à 7 milliards 700,16 millions USD représentant, 2,94 mois d’importation des biens et services sur ressources propres du pays.
Cependant, ce matelas financier, sept mois après, soit à la date du 24 février 2026, avait chuté à hauteur de 7 milliards 128,23 millions USD, représentant 2,72 mois d’importations de biens et services, soit une baisse d’environ 572 millions USD.
A (RE) Lire : Les réserves internationales de la RDC ont chuté de 572 millions USD depuis l’avènement d’André Wameso à la BCC
Cette baisse des réserves internationales du pays était due notamment aux multiples interventions de l’Institut d’émission pour soutenir la stabilité du franc congolais sur le marché de change au dernier trimestre de l’année 2025. en effet, depuis l’avènement de l’actuel gouverneur de la BCC, plusieurs millions de dollars avaient été utilisés pour maintenir bas le taux de change de la monnaie nationale.
Au point que dans son récent rapport publié en mars 2026 sur la situation économique en RDC et consacré spécialement aux entreprises du Portefeuille de l’Etat, la Banque mondiale (BM) a expressément interpellé les autorités de la BCC dans la perspective de maintenir un cadre macroéconomique solide et durable qui est essentiel pour renforcer la stabilité dans le pays.
La Banque mondiale estimait donc, dans son rapport, qu’atteindre ces objectifs ne se ferait pas sans « Assurer la stabilité des prix et la confiance dans le franc congolais en renforçant la crédibilité de la BCC, en autorisant une plus grande flexibilité du taux de change et en dédollarisant progressivement l’économie ».
« Plus de flexibilité du taux de change » appelle la BCC à s’activer dans la libéralisation du marché des changes. Ceci implique de réduire les interventions directes et laisser le taux de change refléter davantage l’offre et la demande de devises. Les interventions ciblées de la BCC ne devraient être actionnées qu’en cas d’options excessives pour réduire les fluctuations, plutôt que pour défendre un niveau spécifique du taux de changement. Il y a aussi nécessité pour l’Institut d’émission de renforcer sa politique monétaire en utilisant son taux directeur de manière proactive pour influencer le coût de l’argent et, par ricochet, la demande de devises.

Comment utiliser les réserves de change ?
Les réserves internationales d’un pays remplissent plusieurs fonctions cruciales pour sa stabilité économique et financière. Elles servent principalement à maintenir la stabilité du taux de change, à faire face à des déséquilibres de la balance des paiements, à gérer les crises financières, et à soutenir les politiques monétaires. En d’autres termes, elles agissent comme un coussin de sécurité pour le pays face aux chocs économiques externes et internes.
Cependant, les réserves de changes devraient, pour un pays comme la RDC, selon certains experts, aussi être utilisées pour financer des projets de développement ou dans des interventions économiques spécifiques susceptibles de créer de la croissance dont le pays a tant besoin. Ce que l’actuel management de l’Institut d’émission n’a pas encore fait.
Sous l’ancien Gouverneur Déogratias Mutombo (2013-2021), des lignes de crédit à taux d’intérêt réduit étaient disponibilisés (via les banques commerciales) par la Banque centrale du Congo pour soutenir notamment les opérateurs économiques du secteur agricole en vue d’accroitre la production locale des produits alimentaire de base comme le maïs afin non seulement de réduire la dépense du pays aux importations amis surtout de stimuler l’offre nationale des denrées de grande consommation.
Ainsi par exemple pour Jo Sekimonyo : « La modernité monétaire ne se limite plus à la stabilité des prix. Elle inclut l’orientation stratégique des flux financiers, la protection des chaînes de valeur et la maîtrise des infrastructures critiques ».
Amédée Mwarabu

