Le Port ONATRA de MatadiLe Port ONATRA de Matadi

Sur les dix dernières années, le PIB (Produit intérieur brut) par habitant en République démocratique du Congo a affiché une tendance globalement haussière, passant de 459,8 USD en 2016 à 772,1 USD en 2025, soit une progression de près de 68 %, selon les données de la note de conjoncture économique de la Banque centrale du Congo (BCC).

Malgré cette amélioration, le PIB de la RDC demeure nettement inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne, estimée à 1 673 USD, ce qui traduit un niveau de richesse produite par habitant relativement faible.

« Cette situation s’explique notamment par la forte croissance démographique, qui atténue les gains de production par habitant, ainsi que par la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays, laquelle perturbe les activités productives, freine les investissements et limite les revenus des populations dans les zones affectées », expliquent les experts de la Banque centrale du Congo (BCC).

Cette faiblesse du PIB par habitant en RDC, malgré une croissance globale soutenue par les mines, révèle une économie extravertie et non inclusive. L’incapacité à convertir cette richesse en bien-être social met en évidence la nécessité de diversifier la production, de mieux répartir les revenus et d’améliorer la gouvernance institutionnelle.

Lever les pesanteurs pour rendre la croissance inclusive

Il est crucial que le Gouvernement se penche sur les pesanteurs à une croissance inclusive en République démocratique du Congo. La dépendance aux matières premières fait que la croissance économique du pays est presque entièrement portée par l’industrie extractive (cuivre, cobalt, or, etc.). Pourtant, ce secteur est réputé très capitalistique, générant  peu d’emplois locaux et est vulnérable aux chocs des cours mondiaux. Ce qui explique l’absence de ruissellement de la richesse créée dans le pays. La richesse créée ne se redistribue pas vers le reste de l’économie. La majorité de la population active reste concentrée dans le secteur informel ou de subsistance, ce qui limite l’augmentation du revenu moyen par habitant.

Tout aussi, la très forte croissance démographique (+3,5 % par an) annihile  une grande partie des efforts de création de richesse globale. En réalité, la forte démographie est un atout à capitaliser pour le développement du pays. Ce que les différents gouvernements successifs ont du mal à faire du poids démographique un levier de croissance économique.

L’économie de la RDC est structurellement déséquilibrée. Le développement des filières de transformation locale (pour le secteur agricole ou manufacturier) est indispensable pour créer des emplois stables et une véritable valeur ajoutée nationale.

Dans le lot des pesanteurs, il y a aussi la faible pression fiscale et mobilisation des ressources internes. Pour rattraper la moyenne de l’Afrique subsaharienne, l’État congolais doit élargir son assiette fiscale, lutter contre la corruption et améliorer la collecte des recettes publiques. Ces marges de manœuvre sont nécessaires pour investir massivement dans les infrastructures de base (énergie, routes) et le capital humain (éducation, santé).

Pour autant, dans l’optique de favoriser les investissements dans le secteur hors mines, il est impérieux  d’instaurer un environnement juridique stable, de garantir la sécurité et d’assurer une meilleure gestion des recettes minières, afin de briser le paradoxe d’un pays potentiellement riche avec une population très pauvre.

Amédée Mwarabu

By amedee

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