Sous Doudou Fwamba, il y a des antécédents des projets, pourtant soutenus par le président de la République, mais qui n’ont pas bénéficié des financements conséquents et dans le délai. Le PDL 145 Territoires, l’Arena de Kinshasa, le Centre financier de Kinshasa, sont dans le lot des projets qui trainent suite à la lenteur dans le financement notamment. Pour les projets retenus dans le cadre des eurobonds, Félix Tshisekedi tient à une gestion transparente et rigoureuse de ces financements dans le but d’obtenir des résultats palpables et mesurables. Ainsi, l’argentier national a été instruit de garantir une traçabilité irréprochable des ressources mobilisées et de mettre en place un dispositif de suivi structuré, accessible et opposable. Sachant que sur les 1,25 milliard USD empruntés, la RDC va rembourser plus de 850 millions USD d’intérêts, il est impérieux que la bonne gouvernance soit de mise pour éviter que la République perde l’argent dans cette opération financière.
Le président de laDans sa communication lors du Conseil des ministres extraordinaire, tenu le jeudi 15 avril 2026, le président de la République, Félix Tshisekedi, a tenu à recadrer les choses dans la gestion des 1,25 milliard USD levés sur le marché international au moyen d’une émission d’eurobonds le 9 avril courant.
Certes Félix Tshisekedi a félicité le Gouvernement ainsi que l’ensemble des équipes, particulièrement le Ministre des Finances, qui ont conduit cette opération avec méthode, constance et discipline, ouvrant ainsi à la RDC les portes d’un espace où seuls accèdent les Etats dont la parole financière inspire crédibilité et confiance mais il a surtout appelé à une gestion rigoureuse de ces fonds.
« La dette n’est soutenable que lorsqu’elle finance la création de richesse. Ces ressources ne constituent pas une marge de manœuvre politique ; elles sont une obligation de résultats. Elles devront être orientées exclusivement vers des projets structurants bancables capables de transformer durablement notre économie, d’organiser notre territoire et d’améliorer les conditions de vie de nos populations », a – t – il insisté.
Et de marteler : « Les investissements envisagés : infrastructures routières, modernisation aéroportuaire, énergie, formation professionnelle et connectivité des territoires, ne doivent pas rester des intentions administratives. Ils doivent devenir des réalisations visibles, mesurables et incontestables. »
Car, en vérité, ce que les marchés ont souscrit, ce n’est pas seulement une obligation financière, mais une promesse : celle d’un Etat gouverné avec ordre, prévoyance et responsabilité. Historique moins par son montant de 1,25 milliard de dollars américains que par ce qu’elle consacre : l’entrée de la République Démocratique du Congo dans le cercle exigeant des nations qui se financent sous le regard des marchés internationaux. Cette émission, sursouscrite plus de quatre fois, traduit une avance de confiance.
Pour garantir cette gestion rigoureuse de ces fonds, le Président de la République a insisté, dès lors, sur un impératif non négociable : la mise en place d’une capacité de remboursement crédible et anticipée. Pour ce faire, des provisions annuelles devront être constituées avec rigueur et une gestion transparente des ressources mobilisées afin que chaque dollar engagé contribue, directement ou indirectement, à générer les moyens de son propre remboursement.
C’est dans cette perspective que le Président de la République a engagé la Première Ministre à mettre en place une Commission interinstitutionnelle chargée d’assurer le suivi rigoureux de l’exécution de ces investissements. Cette Commission comprendra notamment les Ministères en charge du Plan, des Finances et des secteurs concernés, ainsi que les représentants de son Cabinet.
Quant au Ministre des Finances Doudou Fwamba, il a été instruit de « garantir une traçabilité irréprochable des ressources mobilisées et de mettre en place un dispositif de suivi structuré, accessible et opposable » dans le cadre de ladite Commission.

Bien plus, les organes de contrôle devront aussi jouer un rôle pour une surveillance rigoureuse et continue. Ainsi, l’Inspection Générale des Finances évaluera annuellement la conformité de l’exécution du programme d’investissement aux Lois de la République et aux meilleures pratiques, tandis que la Cour des Comptes présentera au Parlement un rapport sur la mise en œuvre de cet emprunt autorisé par la Loi des Finances.
Pour Félix Tshisekedi, « la confiance des investisseurs ne se décrète pas ; elle se construit dans la durée, par des preuves tangibles de discipline et de résultats ». A ce titre, le Gouvernement présentera trimestriellement au Conseil des Ministres un rapport « structuré et vérifiable », validé par la Commission précitée, portant sur le niveau d’engagement des fonds, l’état d’exécution physique des projets, les résultats observables sur le terrain ainsi que les écarts constatés et les mesures correctives engagées.
Amédée Mwarabu
