Le président Félix Tshisekedi et la Première ministre Judith Suminwa en Conseil des ministresLe président Félix Tshisekedi et la Première ministre Judith Suminwa en Conseil des ministres

Bis repetita ! Le président de la République s’est de nouveau plaint, lors du Conseil des ministres du 22 mai, de la lourdeur du Gouvernement Suminwa dans l’exécution de ses instructions. Tenez, ça fait presque deux ans que Félix Tshisekedi a instruit l’Exécutif national pour la mise en œuvre de la nouvelle politique salariale des agents et fonctionnaires de l’Etat, cela n’est jamais effective jusqu’à aujourd’jui. On se souvient qu’en janvier 2026, le président de la République s’était plaint de la non exécution de ses instructions par les membres de ce même Gouvernement. En 2025, plusisuers instructions du président de la République sont restées lettre morte. Qu’il s’agisse de la réduction du train de vient des institutions et de leurs animateurs, de la suspension des institutions budgétivores créées ces dernières années ou encore de la nécessité de terminer la première phase du programme de développement local des 145 territoires avant fin 2025, toutes ces instructions n’ont pas été exécutées par le Gouvernement dans le temps imparti. Dès lors, la Première ministre Judith Suminwa et les ministres concernés ont 30 jours pour produire la nouvelle politique salariale  et les conclusions de l’état liquidatif de la paie des agents publics.

Dans sa communication, lors du Conseil des ministres du 22 mais 2026, le président de la République a exigé la prise en charge des agents et fonctionnaires de l’Etat certifiés réguliers mais non encore mécanisés. Il a rappelé la nécessité d’apporter, sans plus attendre, des réponses concrètes à la situation de ces agents et fonctionnaires régulièrement certifiés mais demeurant non pris en charge au salaire de base.

En effet, plusieurs rapports en sa possession révèlent que, malgré les efforts déjà consentis par le Gouvernement, de nombreux agents de l’Etat, valablement en service, physiquement identifiés et inscrits au Fichier de Référence de l’Administration Publique, continuent de ne percevoir aucune rémunération.

« Une telle situation n’est plus acceptable, dès lors qu’elle compromet la matérialisation du sixième engagement souscrit devant le Peuple congolais et fragilise les conditions de ceux qui assurent quotidiennement le fonctionnement de l’Etat, la rémunération ne constituant pas une faveur, mais un droit fondamental à caractère essentiellement alimentaire. Les mêmes rapports mettent également en évidence de profondes disparités salariales entre administrations, ainsi qu’entre les services centraux et les services déconcentrés en provinces et dans les Entités Territoriales Décentralisées », a martelé le président de la République.

C’est pour répondre à ces déséquilibres que, lors de la 3ème réunion du Conseil des Ministres du 28 juin 2024, Félix Tshisekedi avait instruit le Gouvernement d’élaborer une nouvelle politique salariale juste, équitable et soutenable, fondée sur des principes de rationalisation et d’harmonisation du système de rémunération.

A (RE) Lire : Félix Tshisekedi se plaint de l’inexécution de ses instructions données en Conseil des ministres : un désaveu de la gouvernance Suminwa ?

Rappelons que le 20 mars 2026, le président de la République avait également chargé l’Inspection Générale des Finances, en collaboration avec le Gouvernement, de conduire un audit général de l’état liquidatif afin d’identifier les dépenses irrégulières et autres charges indues qui alourdissent inutilement la masse salariale au détriment des agents régulièrement éligibles. Toutes ces instructions n’ont pas encore produit d’effets à ce jour.

Dès lors, dans l’attente de la finalisation de cet audit et de la mise en œuvre de la nouvelle politique salariale, le chef de l’Etat a prescrit les mesures conservatoires suivantes :

  • L’interdiction de toute nouvelle revalorisation des primes au profit des catégories déjà régulièrement rémunérées, sans préjudice des engagements découlant des accords conclus avec les partenaires sociaux et des ajustements barémiques en cours ;
  • L’interdiction de la prise en charge de nouvelles commissions ou structures permanentes.

« Les économies résultant de l’assainissement de la paie, de la rationalisation des effectifs ainsi que l’enveloppe additionnelle prévue dans le projet de loi de finances rectificative 2026 devront être prioritairement affectées à la prise en charge progressive des agents certifiés réguliers non encore mécanisés », a indiqué le président de la République dans sa communication.

A cet effet, il a instruit, une nouvelle fois, le Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget, le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Fonction Publique, Modernisation de l’Administration et Innovation du Service public, ainsi que le Ministre des Finances, sous la coordination de la Première Ministre et en étroite collaboration avec son Cabinet, de prendre « sans délai toutes les dispositions nécessaires à la mise en œuvre effective de ces mesures et à l’aboutissement rapide de la nouvelle politique salariale  ainsi que des travaux d’audit de l’état liquidatif ».

Dans cet ordre, Félix Tshisekedi attend un rapport circonstancié et global sur l’exécution des instructions déclinées supra dans les trente (30) jours.

Amédée Mwarabu

By amedee

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