Julien Paluku, Ministre du Commerce extérieurJulien Paluku, Ministre du Commerce extérieur

À l’occasion de l’exercice de redevabilité marquant la première année du Gouvernement Suminwa II, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a présenté le bilan des réformes engagées pour renforcer la compétitivité de l’économie congolaise, protéger la production nationale, élargir les débouchés des produits congolais sur les marchés internationaux et assainir le commerce intérieur.

Face à la presse, le ministre a souligné que les actions menées au cours de cette première année s’inscrivent dans la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, visant à bâtir une économie plus productive, créatrice d’emplois et davantage intégrée aux marchés régionaux et mondiaux.

Une industrie locale davantage protégée contre le dumping

Julien Paluku a rappelé que la protection de l’industrie locale constitue l’une des priorités de son ministère. À ce jour, près de 17 produits fabriqués en République démocratique du Congo bénéficient de mesures de sauvegarde conformes aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), destinées à limiter les importations lorsque la capacité de production nationale est suffisante.

Ces mesures concernent notamment le ciment, les carreaux et faïences, les câbles électriques ainsi que le charbon utilisé dans le secteur minier. Selon le ministre, elles permettent de préserver les emplois, de soutenir les entreprises locales et de limiter la sortie des devises consacrées aux importations.

Il a insisté sur le caractère collectif de ces décisions, qui mobilisent l’ensemble du Gouvernement, notamment les services des douanes, l’Office Congolais de Contrôle (OCC), les forces de sécurité et les administrations concernées.

Dans la même dynamique, une mission conjointe avec le ministère de l’Économie nationale a été menée dans plusieurs provinces afin d’évaluer les mécanismes de protection des minoteries locales et de renforcer la production nationale de farine de maïs.

Une avancée majeure avec la ratification de l’Accord sur la facilitation des échanges

Le ministre a présenté comme l’une des principales réalisations de l’année 2025 la ratification de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC. Après son adoption par le Gouvernement, son vote au Parlement et sa promulgation par le Chef de l’État, les instruments de ratification ont été officiellement déposés à Genève.

Cette réforme vise à moderniser les procédures commerciales, améliorer la fluidité des échanges et renforcer l’attractivité économique de la RDC tout en garantissant la protection des intérêts de l’industrie nationale.

Le petit commerce désormais réservé aux Congolais

S’agissant du commerce intérieur, Julien Paluku a rappelé l’entrée en vigueur du décret signé fin mars 2026 par la Première ministre, clarifiant les activités réservées exclusivement aux Congolais.

Le texte définit désormais le petit commerce et le réserve aux opérateurs nationaux, tandis que certaines activités nécessitant d’importants investissements notamment les supermarchés, les hypermarchés, l’hôtellerie ou encore la vente de véhicules neufs demeurent ouvertes aux investisseurs étrangers.

Le ministre a annoncé que le 30 septembre constitue l’échéance fixée pour la mise en application stricte de cette réforme. Des opérations d’identification ont déjà été réalisées dans les 24 communes de Kinshasa, avec l’appui de la Police nationale congolaise.

Selon lui, le ministère dispose désormais d’une base de données complète des opérateurs concernés, comprenant leurs adresses, leurs documents administratifs et leurs localisations, afin de garantir l’application effective des mesures réglementaires.

Une diplomatie commerciale tournée vers la conquête des marchés internationaux

Julien Paluku a également dressé le bilan de la stratégie de diplomatie commerciale menée sous l’impulsion du Président de la République et de la Première ministre.

Il a notamment cité la réadmission de la RDC à l’AGOA, le régime commercial américain permettant aux produits congolais d’accéder au marché des États-Unis sans droits de douane. Selon lui, les exportations congolaises vers les États-Unis sont passées de 280 millions de dollars en 2020 à 1,2 milliard de dollars en 2026.

Le ministre a aussi évoqué la signature d’un Accord de partenariat économique global avec les Émirats arabes unis, ouvrant l’accès de près de 6 000 produits congolais au marché émirati.

À cela s’ajoute un accord commercial conclu avec le Royaume-Uni après le Brexit, offrant aux produits congolais un accès préférentiel aux territoires britanniques sans droits de douane.

Le RECOS pour faciliter le commerce transfrontalier

Le Gouvernement a également mis en œuvre le Régime commercial simplifié (RECOS) afin de soutenir les petits commerçants transfrontaliers.

Grâce à un arrêté interministériel signé avec le ministère des Finances, les commerçants dont les marchandises n’excèdent pas 500 dollars bénéficient d’une exonération des droits de douane dans les échanges avec les pays voisins. Le dispositif est déjà opérationnel avec le Burundi et l’Ouganda, tandis que son extension vers la Zambie est en cours.

Julien Paluku a par ailleurs annoncé la suppression progressive des pratiques frauduleuses observées au poste frontalier de Kasumbalesa, notamment les phénomènes connus sous les appellations « Bilanga » et « Bambaro », qui entraînaient des pertes importantes de recettes publiques et mettaient en danger les usagers.

La ZLECAf : la RDC accélère son intégration économique africaine

En sa qualité de coordonnateur gouvernemental de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Julien Paluku a expliqué que la RDC poursuit la mise en œuvre progressive des concessions tarifaires prévues sur une période de dix ans.

Chaque année, une réduction de 10 % des droits de douane est intégrée dans la loi de finances, jusqu’à atteindre une suppression totale des barrières tarifaires à l’horizon 2035.

Le ministre a également annoncé que la RDC négocie pour accueillir un système africain de paiement permettant aux opérateurs économiques de commercer en monnaies nationales, sans recourir systématiquement au dollar américain.

Informer les producteurs sur les opportunités mondiales

Pour permettre aux opérateurs économiques de tirer profit des nouveaux marchés, le ministère organise des matinées pédagogiques avec la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et publie régulièrement les mercuriales des prix internationaux.

Julien Paluku a cité plusieurs filières agricoles à fort potentiel, notamment le cacao, le soja et le piment, pour lesquelles la demande internationale est particulièrement élevée.

Il a encouragé les producteurs congolais à investir davantage dans les cultures d’exportation capables de générer une forte valeur ajoutée, plutôt que de se limiter aux activités d’importation.

Modernisation de l’OCC et traçabilité numérique des produits

Enfin, le ministre a présenté les innovations engagées au sein de l’Office Congolais de Contrôle (OCC) pour renforcer la protection des consommateurs.

Au cours de cette première année, de nouveaux laboratoires de contrôle ont été construits et inaugurés à Kalemie, Lubumbashi, Matadi et Kinshasa afin d’améliorer les capacités nationales d’analyse des produits.

Dans les prochaines semaines, l’OCC lancera également un système national de QR Code permettant à chaque consommateur de vérifier, à partir de son téléphone portable, si un produit a été contrôlé et certifié.

Cette innovation concernera notamment les médicaments et permettra d’identifier immédiatement les produits non conformes ou impropres à la consommation, tout en facilitant leur signalement aux services compétents.

Un commerce extérieur au service de la transformation économique

Au terme de cet exercice de redevabilité, Julien Paluku a réaffirmé l’engagement du Gouvernement Suminwa II à faire du commerce extérieur un levier de transformation économique, de création d’emplois et de valorisation de la production nationale.

Il a souligné que les réformes engagées visent simultanément à protéger les intérêts des producteurs congolais, à améliorer la compétitivité des entreprises locales, à sécuriser les consommateurs et à positionner durablement la République démocratique du Congo sur les grands marchés régionaux et internationaux.

Finances & Entreprises 

By amedee

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