Le siège de la Banque centrale du Congo à KinshasaLe siège de la Banque centrale du Congo à Kinshasa

Une des principales décisions arrêtées à l’issue de la réunion ordinaire du Comité de Politique monétaire du 17 juillet 2026 a été l’abaissement du taux directeur de la Banque centrale du Congo de 13,5 à 12,5%, rapporte le communiqué de presse publié à cette occasion.

Pour le Comité de Politique monétaire, la réduction du taux directeur est opérée de manière à « préserver le niveau de taux d’intérêt réel suffisamment positif par rapport à l’inflation projetée ».

L’autre décision du CPM est l’introduction d’une nouvelle maturité de 252 jours pour le Bon BCC en vue de « renforcer la gestion de la liquidité bancaire, répondant ainsi à la nécessité de stériliser durablement toute liquidité oisive ».

De même, il a été décidé, à l’issue de cette session ordinaire, de maintenir inchangés les coefficients de la réserve obligatoire, soit 10,5% et 0,0%, pour les dépôts à vue et à terme en monnaie nationale ainsi que 11,5% et 10,5% pour les dépôts à vue et à terme en devises.

Ces décisions viennent conforter celles prises lors de la précédente réunion d’avril 2026 et se fondent sur les perspectives ci-après, tant sur le plan international que national, précise le communiqué de la BCC.

Tablant sur la conjoncture économique, le CPM a noté qu’elle est restée stable. Les prévisions tablent sur une croissance économique « vigoureuse » de 5,7% en 2026, soit le même niveau qu’en 2025, contre une moyenne de 4,3% en Afrique subsaharienne.

En outre, l’évolution des prix demeure relativement favorable. Au deuxième trimestre 2026, le taux d’inflation en glissement annuel s’est établi à 2,9 %, contre 2,2% au trimestre précédent. En cumul annuel, l’inflation est ressortie à 4,8 % à fin juin contre 2,3% à fin mars, en raison notamment de l’augmentation des prix du carburant à la pompe, des coûts logistiques des produits importés et des anticipations des opérateurs économiques.

Quant au taux de change, il est demeuré globalement stable, marqué par de faibles fluctuations. A fin juin, il s’est établi à 2.244,0 CDF pour un dollar américain sur le marché interbancaire et à 2.328,62 CDF sur le marché parallèle. Comparativement à fin mars, la monnaie nationale s’est appréciée de 1,95 % sur le marché interbancaire, tandis qu’elle s’est dépréciée de 0,83% sur le marché parallèle, dans un contexte d’une accumulation trimestrielle de 477,30 millions de USD au titre des réserves internationales portant le volume total à 8.184,61 millions de USD à fin juin 2026, soit 3,12 mois de couverture d’importations des biens et services.

Cependant, le CPM a relevé que les perspectives sur le taux d’inflation devraient poursuivre l’évolution actuellement notée sur le marché et le taux de change devrait se stabiliser autour d’une moyenne de 2250,0 CDF le dollar américain.

Toutefois, le CPM a dit continuer de suivre certains risques qui peuvent peser sur ces perspectives. Il s’agit notamment de : l’expansion de la liquidité bancaire consécutivement à celle des dépenses publiques, en lien avec le conflit dans la partie Est du pays ; l’expansion des dépenses cycliques des ménages relatives à la rentrée scolaire ; la hausse des coûts des produits importés suite à la perturbation des chaînes mondiales d’approvisionnement.

Ainsi, la Banque Centrale encourage les services publics ainsi que les opérateurs économiques à constituer leurs épargnes et à effectuer leurs paiements en franc congolais en vue de tirer profit des évolutions favorables des taux sur le marché de change.

Amédée Mwarabu

By amedee

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