Le rapport de la Banque mondiale publié le 24 mars 2026 intitulé « Du parking à la voie rapide : Réformer les entreprises publiques » fait aussi un point sur la situation économique de la République démocratique du Congo au cours de l’année 2025.

Selon ce rapport, dans l’ensemble, la croissance réelle du PIB de la RDC est restée fortement concentrée sur les secteurs à forte intensité de capital, et la création d’emplois formels a été limitée. « La croissance récente ne s’est pas traduite par une augmentation généralisée de l’emploi ni par une réduction significative de la pauvreté. La plupart des travailleurs exercent des activités à faible productivité et, en 2024, on estimait que 81,7 % de la population vivait encore sous le seuil de pauvreté », note le rapport.

Pour la Banque mondiale, la dépendance persistante de l’économie congolaise à l’égard des secteurs à forte intensité de capital, en particulier l’exploitation minière, constitue « un obstacle structurel majeur » à une croissance inclusive.

En 2025, malgré l’intensification des tensions commerciales mondiales et l’incertitude politique, la croissance économique est restée solide à l’échelle mondiale, en Afrique subsaharienne (ASS) et parmi les principaux partenaires commerciaux de la République démocratique du Congo, soutient cette institution de Bretton Woods. La croissance du PIB mondial s’est établie à 2,7 % en 2025, soutenue par l’anticipation du protectionnisme croissant, un effet de répercussion limité de l’augmentation des droits de douane, l’assouplissement des conditions financières mondiales, les ajustements de la chaîne d’approvisionnement et les investissements importants liés à l’intelligence artificielle.

En RDC, la croissance réelle du PIB a ralenti, passant de 6,1 % en 2024 à environ 5,5 % en 2025, mais elle est restée supérieure à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Le secteur minier a été le moteur de l’expansion continue, l’augmentation significative de la production et des exportations de cuivre ayant partiellement compensé l’impact de l’interdiction des exportations de cobalt entre février et octobre 2025. Cependant, cette dynamique souligne la dépendance continue de l’économie à l’égard d’une gamme limitée de matières premières minérales.

Concernant les perspectives économiques, la Banque mondiale soutient qu’elles sont globalement favorables, mais soumises à d’importants risques à la baisse. La croissance devrait rester forte, autour de 5,1 % entre 2026 et 2028, grâce à l’activité minière soutenue, aux grands projets d’infrastructures — notamment la centrale hydroélectrique INGA3 et le corridor de Lobito — et à un environnement macroéconomique stable avec une inflation modérée. La consolidation budgétaire devrait reprendre, soutenue par des réformes de la digitalisation de l’administration fiscale et un renforcement du contrôle des dépenses, tandis que la position extérieure devrait s’améliorer grâce à l’augmentation de la production de cuivre, à l’assouplissement des restrictions sur l’exportation de cobalt et à une croissance modérée des importations.

Toutefois, à l’analyse de la Banque mondiale, les perspectives sont vulnérables à la volatilité des prix des matières premières, à l’affaiblissement de la croissance parmi les principaux partenaires commerciaux, aux retards dans la mise en œuvre des réformes et à l’insécurité persistante dans l’est de la RDC.

En outre, bien que la RDC présente un risque modéré de surendettement, les entreprises publiques sont devenues, selon la Banque mondiale, une source majeure de vulnérabilité budgétaire. En 2023, leur dette représentait 7,3 % du PIB, soit 42 % de la dette extérieure, et les performances financières de ces entreprises publiques au cours de la dernière décennie ont été faibles.

Amédée Mwarabu

By amedee

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