André Wameso, Gouverneur de al BCCAndré Wameso, Gouverneur de al BCC

En quatre ans d’exercice à la tête de la Banque centrale du Congo, Mme Malangu Kadedi a fait passer les réserves internationales de la RDC de 1,4 milliard USD à 7,7 milliard USD, un record. De son côté, l’actuel gouverneur André Wameso peine à maintenir ce matelas financier au-dessus du niveau qu’il a trouvé il y a 8 mois. C’est la preuve que Wameso utilise les réserves de change du pays systématiquement pour maintenir artificiellement la stabilité du franc congolais face aux autres devises.

A la date du 22 mai 2026, les réserves internationales de la République démocratique du Congo se sont établies à 7 milliards 653,61 millions USD, enregistrant une baisse hebdomadaire de 146,18 millions USD, selon la note de conjoncture de la Banque centrale du Congo. Ce niveau des réserves de change garantit une couverture de 2,92 mois d’importations de biens et services sur ressources propres du gouvernement.

Décidément, les réserves de change de la RDC continuent de fondre comme neige au soleil depuis qu’elles ont atteint le pic de 8 milliards 46,44 millions USD le 6 mai 2026, représentant 3,07 mois d’importations des biens et services.

Ces deux dernières semaines, les réserves internationales de la RDC  sont passées de 8,046 milliards le 6 mai à 7,932  milliards USD le 13 mai, avant de s’établir le 22 mai à 7,653 milliards USD. Elles ont donc fondu de 237 millions USD dans l’espace de deux semaines.

A la prise de fonctions de l’actuel Gouverneur de la BCC, André Wameso, le 4 août 2025, les réserves internationales de la RDC étaient évaluées à 7 milliards 700,16 millions USD représentant, 2,94 mois d’importation des biens et services sur ressources propres du pays.

L’ancienne Gouverneur de la BCC, Marie France Malangu Kabedi Mbuyi (juillet 2021 à aout 2025), a eu le mérite d’accroitre sensiblement les réserves internationales de la RDC qui sont passées de 1,4 milliard USD à 7,7 milliards USD, soit plus de 6 milliards USD accumulés durant son mandat.

Notons que la RDC a opté pour un régime des changes flottants, c’est-à-dire  le taux de change de la monnaie national évolue librement, en fonction de l’offre et de la demande sur le marché des changes. Et la Banque centrale n’intervient qu’en cas des chocs importants. Cette baisse des réserves internationales de la RDC peut signifier que la Banque centrale du Congo a utilisé les 237 millions USD pour maintenir la stabilité de la valeur du franc congolais sur le marché de change. Ce qui confirme que le franc congolais reste volatile et est maintenu stable que par les récurrentes interventions de l’Institut d’émission.

Il sied de rappeler que dans son rapport publié en mars 2026, la Banque mondiale avait interpellé la Banque centrale du Congo sur la nécessité de maintenir un cadre macroéconomique solide et durable qui est essentiel pour renforcer la stabilité dans le pays. La Banque mondiale estimait donc, dans son rapport, qu’atteindre ces objectifs ne se ferait pas sans « Assurer la stabilité des prix et la confiance dans le franc congolais en renforçant la crédibilité de la BCC, en autorisant une plus grande flexibilité du taux de change et en dédollarisant progressivement l’économie ».

« Plus de flexibilité du taux de change » appelle la BCC à s’activer dans la libéralisation du marché des changes. Ceci implique de réduire les interventions directes et laisser le taux de change refléter davantage l’offre et la demande de devises. Les interventions ciblées de la BCC ne devraient être actionnées qu’en cas d’options excessives pour réduire les fluctuations, plutôt que pour défendre un niveau spécifique du taux de changement.

Amédée Mwarabu

 

By amedee

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