Félix Tshisekedi et Judith SuminwaFélix Tshisekedi et Judith Suminwa

Début novembre 2025, dans une réunion présidée par la Première ministre Judith Suminwa, le Gouvernement avait adopté, après examen, la stratégie de mise en œuvre de la revanche du sol sur le sous-sol, vision chère au Président de la République, présentée par le ministre de l’agriculture et sécurité alimentaire Mohindo Nzangi. L’objectif affiché de cette Stratégie nationale était de « redonner à l’agriculture sa place centrale dans la croissance économique, la création d’emplois et la souveraineté alimentaire ». Dix mois après, Félix Tshisekedi ne voit toujours pas de résultats. Lors de la réunion du Conseil des ministres du 31 juillet 2026, le président de la République n’a pas caché son mécontentement face à l’absence des résultats dans le secteur de l’agriculture. Pendant ce temps, la RDC dépend toujours des importations des produits de grande consommation en dépensant 3,5 milliards USD chaque année et 27,5 millions des Congolais sont livrés à l’insécurité alimentaire. Une preuve de plus que le Gouvernement Suminwa n’est pas à la hauteur des défis auxquels la RDC fait face.

Deux ans à la Primature mais Judith Suminwa n’est pas en mesure d’engranger des résultats dans un des secteurs stratégiques pour le social des Congolais, à savoir celui de l’agriculture. Du coup, la vision du président de la République de faire « la revanche du sol sur le sous-sol » reste un slogan creux. Le pays continue de dépenser plus de 3,5 milliards USD chaque année pour importer du riz, de la farine de maïs, de la semoule, de poissons et de la viande surgelés et même des huiles végétales. Pourtant, ces aliments  peuvent être produits localement dans le pays et, ainsi, préserver les réserves internationales de la République. Pire, malgré des financements engagés dans des projets agricoles à travers le pays, le Gouvernement, sous la conduite de Judith Suminwa, ne parvient toujours pas à présenter au chef de l’Etats des résultats concrets.

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Voilà qui explique le coup de poing tapé sur la table par le président de la République, lors du Conseil des ministres du 31 juillet à Kaniama Kasese, pour exiger une reddition des comptes sur tous les projets agricoles bénéficiant aussi bien des financements du Trésor public que des partenaires techniques et financiers. « Il ne saurait exister de décalage entre les ressources mobilisées et les résultats observés sur le terrain, au risque de susciter des interrogations légitimes quant à la visibilité des interventions, à leur niveau d’exécution, à leur coordination ainsi qu’à leur impact réel sur les populations bénéficiaires », a martelé Félix Tshisekedi devant les membres du Gouvernement, avec au premier rang Judith Suminwa.

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Le Président de la République tient à ce que l’agriculture serve de levier majeur de la transformation économique de la RDC et joue pleinement son rôle de pilier de la souveraineté alimentaire. Ce secteur, a-t-il fait observer au Gouvernement, bénéficie d’importants investissements publics ainsi que de l’appui de nombreux partenaires techniques et financiers à travers plusieurs programmes et projets. Sic. La réalité est que le Gouvernement Suminwa a affecté très peu de moyens justement dans le secteur de l’agriculture, notamment ces deux dernières années (2024 et 2025), alors que les prévisions budgétaires étaient conséquentes.

Il sied de noter que le secteur agricole en RDC souffre plus de l’absence de volonté politique. En 2025, sur les 1,3 milliard USD prévus dans le budget national initial pour l’agriculture, à peine 92,6 millions USD ont été effectivement décaissés pour l’Agriculture à la fin de l’année. De même, en 2024, c’est plus de 1,1 milliard USD qui étaient prévus pour l’agriculture dans le budget.  Cependant, ici aussi, à peine 11% ont été effectivement décaissés à la fin de l’exercice budgétaire.

« Aucune politique publique ne peut atteindre les objectifs qui lui sont assignés sans une connaissance exhaustive des projets en cours, une parfaite traçabilité des ressources engagées et un dispositif rigoureux de suivi-évaluation permettant de mesurer objectivement les progrès réalisés, d’identifier les contraintes et de mettre en œuvre, en temps utile, les mesures correctives appropriées », a indiqué le président de la République.

Visiblement convaincu de la faiblesse dans la coordination des projets agricoles par la cheffe du Gouvernement,  et pour garantir l’atteinte des objectifs fixés en matière de souveraineté alimentaire, de création d’emplois, de développement des chaînes de valeur agricoles et de réduction de notre dépendance aux importations, Félix Tshisekedi a jugé impérieux que le Gouvernement se dote « d’outils modernes de pilotage et d’aide à la décision ». Avec l’espoir que ceci pourrait pallier le déficit de coordination observé.

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Dans cette perspective, il a instruit, sous la coordination de la Première Ministre, le Ministre de l’Agriculture et Sécurité Alimentaire, avec le concours de son Cabinet, d’élaborer, dans les meilleurs délais, un répertoire exhaustif de tous les projets agricoles exécutés sur l’ensemble du territoire national, accompagné d’un dispositif permanent de suivi-évaluation de leur mise en œuvre.

Soucieux des résultats, Félix Tshisekedi a indiqué qu’il devra assurer un contrôle régulier de l’exécution physique et financière des projets, des missions périodiques de vérification sur le terrain, la production d’indicateurs fiables de performance, l’alerte précoce en cas de difficultés, ainsi que la formulation de recommandations destinées à améliorer l’efficacité, la transparence, la redevabilité et la coordination des interventions de toutes les parties prenantes.

Ces instruments, a – t – il insisté, permettront au Gouvernement de disposer d’une vision consolidée des investissements agricoles, d’éviter les duplications, de mieux orienter les ressources disponibles, d’accroître l’impact des financements mobilisés et de renforcer la redevabilité dans la conduite de notre politique agricole.

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Pour autant, le développement du secteur agricole en RDC reste buté par le déficit tant d’infrastructures routières qu’énergétiques. Sur les 152.000 Km d(artères du réseau routier que compte la RDC, à peine moins de 5.000 Km des routes sont actuellement asphaltés, soit 3% seulement du réseau routier national. La deuxième phase du PDL 145 Territoires consacrée notamment aux routes de desserte agricole et au financement des projets agricoles des coopératives et PME n’a jamais commencé, deux ans après l’avènement de Judith Suminwa à la Primature ! De même, en dépit des vastes voies navigables étendues sur plus de 15.000 Km, très peu sont régulièrement balisées et draguées pour permettre une navigation aisée des armateurs. La logistique de transport fait également défaut. La quasi totalité des ports de la RDC sont dans un état d’arrêt, bloquant le déplacement des produits agricoles de centres de production aux pôles de consommation. Aussi, avec un taux d’électrification de 21%, soit un des plus faibles au monde, la RDC ne peut pas promouvoir l’agro-industrie, sans laquelle il est impossible de transformer les produits agricoles localement.

Amédée Mwarabu

By amedee

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