La Première ministre Judith SuminwaLa Première ministre Judith Suminwa

La RDC compte 64 millions de pauvres, soit le plus grand foyer de pauvreté sur le continent africain, et dont 46 millions sont localisés dans le milieu rural. Pour ce deuxième quinquennat, le président de la République s’est engagé à améliorer les conditions de vie des Congolais. C’est notamment la pertinence du PDL 145 territoires qui a été conçu pour la réduction significative de la pauvreté, la lutte contre les inégalités territoriales et la promotion du développement à partir du Congo profond. Cependant, ce programme présidentiel, qui devait être implémenté totalement en trois ans, peine à boucler sa première phase, quatre ans après son lancement. Depuis l’avènement du Gouvernement Suminwa, le Programme semble même s’enliser. Ce, malgré les instructions répétées en Conseil des ministres du président de la République. Ce retard est donc un échec cuisant pour un gouvernement dit d’actions et des résultats. Pire, ceci traduit les limites avérées du Gouvernement Suminwa à être à la hauteur des défis de développement qui se posent en RDC. Pays continent, le Congo Kinshasa qui accuse depuis six décennies un gap abyssal dans sa trajectoire de développement, continue, hélas, d’enregistrer chaque année, une accumulation des contraintes et faiblesses qui ne font qu’éloigner les meilleurs horizons socio-économiques tant pour le pays que pour la nation congolaise.

Adopté en Conseil des ministres le 24 janvier 2021 et  lancé en 2022, le Programme de développement des 145 territoires, en sigle PDL 245T, n’a pas encore vu sa première phase être bouclée à ce jour alors que le projet en compte quatre. Conçu pour être mis en œuvre en 3 ans, le PDL 145 T peine à avancer quatre ans après son lancement.

Alors que la première Judith Suminwa prenait la Primature le 12 juin 2024, ce programme, né de la vision du président de la République marquée par des principes d’équité territoriale et sociale, avait déjà réalisé des avancées dans sa mise en œuvre : 1 180 étaient en cours d’exécution, représentant un taux de démarrage global de 93 %, tandis que 744 ouvrages avaient déjà été achevés, soit un taux moyen d’achèvement de 38 %.

Interpellé au Sénat pour faire le point du PDL 145T le 29 octobre 2025, soit un an et trois mois après l’entrée en fonction du Gouvernement Suminwa, le ministre du Plan Guylain Nyembo fait le bilan suivant : sur les 2130 ouvrages prévus, 1 011 ouvrages sont achevés, soit une progression de près de 11 % par rapport à juin 2024. Ces réalisations comprennent 601 écoles primaires, soit un taux d’achèvement de 50 %, 340 centres de santé représentant 43 % d’achèvement, et 70 bâtiments administratifs, correspondant à un taux de 48 %. C’est la dernière mise à jour faite pat le ministre du Plan sur les réalisations du PDL 145T.

La suite est connue. Malgré plusieurs instructions du président de la République faites à la PM de boucler ce programme en décembre 2025, le Gouvernement n’a jamais terminé la première phase de ce projet dans le délai imparti, alors que les deux ans d’action de l’équipe Suminwa intervient dans pratiquement 11 jours.

Autant dire qu’en deux ans d’action gouvernementale, la Première ministre Judith Suminwa n’est pas parvenue à terminer la première phase du PDL 145 territoires. Ce, ne serait-ce que dans la partie non occupée par les terroristes de la coalition AFC/M23.  La nonchalance de l’Exécutif national à booster ce Programme ne saurait s’expliquer d’autant que ce projet vise à réduire les inégalités spatiales et à transformer les conditions et cadres de vie des populations congolaises vivant dans les territoires ruraux, jusque-là mal desservis, par les infrastructures et services sociaux de base.

Bien plus, le PDL 145T est un programme d’urgence dont l’ultime objectif est d’accélérer l’amélioration des conditions de vie des Congolais de l’arrière-pays. Le récent rapport du même ministère du Plan sur les conditions des vies des ménages congolais indique que la RDC comme 64,2 millions de pauvres dont 46,7 millions vivent dans les zones rurales, soit 67%.  Selon ce rapport, la pauvreté est dans une certaine mesure influencée par le niveau d’urbanisation. Le taux de pauvreté est nettement plus fort en milieu rural (où plus du tiers des individus est pauvre) qu’en milieu urbain. Du reste, la forte concentration de la population en milieu rural fait que sur 10 personnes pauvres, 7 vivent en milieu rural. D’où toute l’importance de la mise en œuvre efficiente du PDL 145 Territoires.

Alors que justement ce Programme traduisait la volonté du président de la République de répondre aux besoins socio-économiques des populations les plus vulnérables. Il s’agissait entre autres d’intensifier les investissements dans les services sociaux de base et de dynamiser les économies locales en vue de lutter contre la pauvreté et réduire les inégalités spatiales.

Il sied de souligner que le blocage de la première phase qui consiste au développement des infrastructures socioéconomiques de base et au renforcement de la présence de l’Etat dans le milieu rural freine ipso facto les autres composantes du Programme. Ces autres phases concernent la Redynamisation des économies locales et rurales ; le Renforcement de la gouvernance locale ; et le Développement d’un système d’information géo référencé pour le suivi du PDL-145T et des autres programmes du pays.

Pourtant, la mise en œuvre de ces composantes favoriserait le développement local endogène et la convergence rapide des revenus et des conditions de vie entre le milieu rural et urbain. Spécifiquement, ce qui aurait des effets tangibles immédiats sur : la réduction de la pauvreté et des inégalités sociales dans les zones reculées ; le développement de l’entreprenariat rural ; la sécurité alimentaire ; l’accès des jeunes et des femmes aux activités génératrices de revenus, et la réduction des vulnérabilités des populations rurales. En outre, le programme permettrait de renforcer le capital humain ainsi que les capacités d’initiatives et de résilience des communautés vulnérables des territoires ciblés.

A noter que le budget total du PDL 145 T est 1,665 milliard USD à raison de : 1,465 milliards USD, soit 88,0%, pour les coûts des travaux des ouvrages ; 75 millions USD, soit 4,5%, pour les coûts des études préalables, surveillance et contrôle des travaux ; 108 millions USD, soit 6,5%, pour les frais de gestion des Agences d’Exécution ; ainsi que 17 millions USD, soit 1,0%, pour les charges de coordination du programme.

Amédée Mwarabu

By amedee

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