Le secteur télécom congolais ouvre 2026 sur une note contrastée. Le chiffre d’affaires des sociétés de télécommunications recule au premier trimestre 2026, mais la data franchit un cap historique. Avec 632,2 millions USD de chiffre d’affaires, le marché affiche une baisse de 2,43 % par rapport au T4 2025, mais reste en progression par rapport au T1 2025, confirmant une trajectoire annuelle toujours orientée à la hausse, selon le rapport de l’Observatoire national du marché de la téléphonie mobile, structure de l’ARPTC (Autorité de régulation de la Poste et des télécommunications au Congo).

« Ce léger repli trimestriel masque en réalité une recomposition profonde du modèle économique des opérateurs. Comme l’an dernier, le début d’année est marqué par un effet saisonnier classique : après les pics de consommation de décembre, les revenus voix et SMS reculent nettement. Mais en 2026, cette baisse est amplifiée par une tendance structurelle : les Congolais abandonnent massivement les services traditionnels au profit des usages data », note le rapport de l’Observatoire national du marché de la téléphonie mobile.

Le T4 2025 avait déjà marqué un tournant : un utilisateur mobile sur deux accède désormais à l’Internet mobile. Le T1 2026 confirme cette bascule. L’Internet mobile dépasse 55 % du CA : un record absolu, malgré le recul global du chiffre d’affaires, l’Internet mobile poursuit sa progression fulgurante, en hausse de 6 %, franchissant pour la première fois le seuil des 356 millions USD.

Résultat : la data représente désormais plus de 55 % du chiffre d’affaires total, un niveau jamais atteint et nettement supérieur à celui observé au T1 2025. La RDC bascule ainsi dans une économie télécom dominée par la connectivité, où la valeur du marché repose désormais sur les gigaoctets consommés, non plus sur les minutes de communication.

Pour l’ARPTC, cette mutation dépasse la simple évolution technologique. Elle traduit une transformation profonde des attentes des consommateurs, qui exigent plus de data, plus de vitesse et plus de services digitaux.

Il sied de préciser que le 1er trimestre 2026 confirme une réalité désormais impossible à ignorer : les Congolais parlent plus qu’avant, mais plus du tout avec la voix classique. Le trafic vocal chute de 9,77 % par rapport au trimestre précédent, un recul spectaculaire, d’autant plus surprenant qu’historiquement, la période des fêtes dopait les appels. Mais cette époque est révolue. La voix n’a pas disparu : elle a simplement changé de canal, soutient l’Observatoire national du marché de la téléphonie mobile.

Finances & Entreprises

By amedee

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