Le marché congolais des télécommunications a démarré 2026 avec un visage familier mais le contraste est plus frappant. À première vue, la croissance est toujours là. Mais en y regardant de plus près, le secteur révèle une transformation profonde, accélérée par l’appétit croissant des Congolais pour les services numériques et par des effets saisonniers qui redessinent les courbes de consommation, indique le rapport du premier trimestre 2026 de l’Observatoire national de la téléphonie mobile, structure de l’ARPTC (Autorité de régulation de la Poste et des télécommunications au Congo).
Comparé au premier trimestre 2025, le T1 2026 confirme un basculement structurel : la data s’impose comme le moteur central du marché, tandis que la voix et les SMS poursuivent leur déclin, pris en étau entre les usages OTT et les nouvelles habitudes digitales. C’est réellement un trimestre marqué par un “effet fêtes” plus puissant qu’en 2025. Comme chaque année, les festivités de fin décembre laissent une empreinte visible sur les indicateurs du premier trimestre. Mais au 1er trimestre 2026, cet effet saisonnier est plus prononcé
En effet, fin mars, 9 des 16 indicateurs clés sont en baisse, un recul qui pourrait inquiéter si l’on oubliait que les Congolais ont désormais un réflexe bien ancré : échanger vœux, photos et vidéos via les applications data, plutôt que par les canaux traditionnels. Résultat : (i) la consommation data reste élevée en janvier-février, (ii) les revenus voix et SMS plongent plus fortement qu’en 2025, (ii)…et les opérateurs doivent composer avec une saisonnalité qui s’intensifie d’année en année. Le marché n’est donc pas en perte de vitesse : il change de rythme.
A contre‑courant de la voix et du SMS, l’Internet mobile continue d’avancer. Les souscriptions progressent de près de 3 % au premier trimestre 2026, soit 894 375 nouveaux abonnés. Une croissance solide, même si légèrement inférieure à celle du trimestre précédent, signe qu’un palier naturel commence à se dessiner sur un marché désormais largement digitalisé.
C’est le mobile money qui devient le nouvel accélérateur de croissance
Porté par la bancarisation digitale, les transferts inter-opérateurs et l’essor des paiements marchands, le segment de service s’impose comme un levier de croissance incontournable, capable de compenser en partie l’érosion des services traditionnels.
Nous avons un marché en croissance… mais plus complexe. Si la croissance globale se maintient, elle est désormais tirée par des usages plus sophistiqués, plus volatils et plus sensibles aux cycles saisonniers.
Les opérateurs évoluent dans un environnement : (i) plus concurrentiel, (ii) plus digitalisé et dépendant des usages data, (iii)…et moins prévisible en raison des variations saisonnières amplifiées. Le premier trimestre 2026 confirme ainsi une réalité : la RDC est entrée dans l’ère du numérique de masse, et les opérateurs doivent réinventer leurs modèles pour suivre un consommateur qui, lui, a déjà changé.
A noter qu’au premier trimestre 2026, les abonnements actifs ont été évalués à 74,9 millions. Le marché congolais démarre 2026 sur une croissance modérée de 1,41 % par rapport au quatrième trimestre 2025. Une dynamique comparable à celle du T1 2025, mais dans un contexte où la population progresse plus vite que le parc mobile, limitant mécaniquement la hausse du taux de pénétration (66,8 % contre 65,9 % en T4 2025).
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