Le marché de l’internet mobile a enregistré des revenus de l’ordre de 361,7 millions USD au premier trimestre 2026, représentant 55% du chiffre d’affaires du secteur des télécommunications au premier trimestre 2026, selon l’Observatoire national du marché de la téléphonie mobile, structure de l’ARPTC (Autorité de régulation de la Poste et des télécommunications au Congo).

Durant le premier trimestre 2026, le revenu issu des services data ont connu une croissance par rapport au trimestre passé de 1,52%. Cette augmentation illustre une préférence croissante des utilisateurs pour les données mobiles des opérateurs pour l’utilisation des applications ainsi que des services OTTs pour les appels locaux et internationaux

Sur les 12 derniers mois, le revenu généré par les services data a suivi une courbe de croissance linéaire. Cependant, le revenu moyen par Gigabyte consommé a montré une tendance inverse, en décroissance. Cette situation suggère que certains services data ont pratiquement été proposés par les opérateurs à des prix très bas, voire gratuitement.

AIRTEL consolide sa position de leader sur le marché de la data.

La dernière analyse du marché télécom en RDC confirme la montée en puissance d’Airtel sur le segment des revenus data. Avec plus de 160 millions USD générés au premier trimestre 2026 et une croissance de 4,6 % pendant tous les autres enregistrent des baisses. Airtel s’impose comme le leader incontesté de ce segment.

Cette performance s’explique autant par l’attractivité de ses forfaits que par la solidité de son infrastructure : Airtel dispose aujourd’hui de l’un des déploiements 4G les plus robustes du pays, offrant une capacité élevée et une couverture qui répond aux usages numériques en pleine expansion. L’opérateur bénéficie également d’une stratégie « ready to use » sur le last mile, réduisant au maximum les connexions complexes pour les entreprises et accélérant l’accès aux services data. Cette approche lui donne un temps d’avance dans un marché où la demande en connectivité rapide et stable explose.

Pendant ce temps, Africell maintient son niveau de revenus, consolidant son positionnement sans progression notable. Orange et Vodacom, de leur côté, conservent leurs rangs habituels, chacun capitalisant sur ses forces traditionnelles.

Mais derrière ces performances, un défi majeur persiste : la dégradation généralisée de la qualité de service, ressentie par les abonnés de tous les opérateurs depuis plusieurs trimestres. Un signal d’alarme dans un marché où les usages data s’intensifient et où les attentes des consommateurs n’ont jamais été aussi élevées.

Dans ce paysage contrasté, Airtel apparaît comme l’opérateur le mieux aligné avec les besoins numériques actuels, tandis que l’ensemble du secteur doit désormais relever le défi de la qualité pour accompagner durablement la croissance du marché.

L’Internet mobile, un vecteur de développement inégal en RDC

La diffusion de l’internet mobile reflète une structure encore plus inégalitaire, marquée par une forte concentration dans les provinces les plus connectées. Kinshasa domine avec 9,84 millions d’abonnements internet et un taux de pénétration de 70,7 %, confirmant son statut de principal hub numérique du pays.

Le Haut-Katanga (4,84 millions ; 90 %) affiche un taux de pénétration particulièrement élevé, signe d’une adoption intensive des services data. Le Nord-Kivu (4,29 millions ; 56,6 %) et le Lualaba (2,44 millions ; 81,4 %) confirment leur rôle de pôles numériques secondaires.

Dans la partie médiane, des provinces comme le Sud-Kivu (2,53 millions ; 38,6 %) et le Kongo Central (2,25 millions ; 35,4 %) montrent une adoption progressive.

À l’opposé, la fracture numérique est très marquée dans des provinces telles que le Bas-Uele (70 000 abonnés ; 5,7 %), la Tshuapa (80 000 ; 4,3 %) et le Nord-Ubangi (130 000 ; 9 %). La distribution fréquentielle met ainsi en évidence une polarisation numérique forte, avec une minorité de provinces concentrant l’essentiel des usages internet.

Taux de croissance de l’internet mobile

La dynamique de l’internet mobile apparaît nettement plus contrastée et volatile que celle des abonnements globaux. La distribution des taux de croissance est fortement dispersée, avec des écarts importants entre les provinces.

Le Kasai enregistre la croissance la plus élevée avec +11,95 %, suivi du Maniema (+11,35 %), du BasUele (+10,29 %) et du Sud-Ubangi (+9,09 %). Ces taux particulièrement élevés traduisent une phase d’expansion accélérée de l’usage de la data, notamment dans les zones où la pénétration initiale était encore relativement faible.

Certaines provinces affichent également des croissances soutenues, comme la Tshopo (+8,37 %) et le Kasai-Central (+8,02%), confirmant une diffusion progressive de l’internet mobile vers les régions périphériques. À l’opposé, plusieurs provinces enregistrent une contraction de leurs abonnements internet. Le Sud-Kivu (-1,20 %) et le Tanganyika (-1,10 %) affichent les baisses les plus importantes, suivis du Kongo-Central (-0,09 %) et de la Tshuapa (-1,63 %).

Ces évolutions peuvent être liées à des phénomènes de réajustement du marché, de saturation partielle ou à des contraintes économiques locales. La distribution fréquentielle des taux de croissance internet est donc caractérisée par une forte hétérogénéité, reflétant un marché encore en phase de transformation rapide.

Amédée Mwarabu

 

By amedee

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *