N’ayant pas honoré ses engagements dans le processus de recapitalisation de la société, l’Etat congolais s’est désengagé volontairement de l’actionnariat de PHC SA, un fleuron de l’agro-industrie implanté dans le nord-ouest de la RDC. Face à la nécessité de soutenir le développement de la société et d’accompagner sa dynamique de croissance, l’actionnaire majoritaire a assumé seul la recapitalisation de PHC SA, la plus grande société dans l’agroalimentaire de la RDC. Ce qui a permis de payer les dettes et d’investir dans l’outil de production de l’entreprise. L’intersyndicale soutient cet apport des capitaux frais à la société, surtout que ça permet  d’épargner les 11.000 travailleurs de la société de la perte de leurs emplois.

Au cours d’un point de presse tenu le samedi 25 avril 2026 au siège de l’institution de micro-finance IFOD à  Kinshasa, l’intersyndicale de PHC SA (Plantations et Huileries du Congo) a exprimé son « soutien total » à cette grande société œuvrant dans l’agro-industrie après son processus de recapitalisation déclenché au cours de l’année 2025 et ayant conduit au désengagement de l’État congolais,  actionnaire minoritaire.

Pour les organisations syndicales rattachées à cette société, la recapitalisation de PHC SA a été une opération « légale, transparente et conforme aux dispositions du droit OHADA », ont-elles affirmé dans une déclaration rendue publique au cours de ce point de presse. « Cette démarche (Ndlr : la recapitalisation) répond à une nécessité vitale : Éviter la liquidation pure et simple de l’entreprise, Restaurer son équilibre financier, Assurer la continuité des activités, Sauvegarder des milliers d’emplois congolais, » peut-on lire dans cette déclaration commune.

Durant cet échange avec les journalistes, l’Intersyndicale a martelé que l’objectif réel de la recapitalisation était de soutenir le développement de la société et d’accompagner sa dynamique de croissance.

Cette recapitalisation vise notamment à :

  • Assurer la continuité de l’outil industriel, à travers le renouvellement des pièces de rechange ;
  • Moderniser et renforcer les capacités de production, en cohérence avec l’augmentation des volumes ;
  • Investir dans des solutions énergétiques plus performantes, notamment le biogaz ;
  • Améliorer le rendement global et la productivité.

Par la même occasion, l’intersyndicale a dénoncé les attaques et manœuvres de déstabilisation de la société par des détracteurs qui allèguent que le processus de recapitalisation était entaché d’irrégularités. « L’intersyndicale condamne avec la plus grande fermeté et sans aucune réserve les attaques répétées, orchestrées et irresponsables visant à salir l’image de PHC SA  et à compromettre son avenir et nuire aux intérêts des travailleurs. Ces attaques constituent une menace directe contre un outil de travail stratégique de notre pays », soutient l’Intersyndicale dans sa Déclaration.

La société PHC SA est un pilier stratégique de l’économie nationale, employant plus de 11.000 travailleurs et assurant un rôle social déterminant dans plusieurs provinces du nord-ouest de la RDC, notamment Équateur, Mongala et Tshopo. A travers ses activités de production d’huile de palme, cette société agro-industrielle contribue directement à la vision de transformation structurelle du pays portée par le président de la République Félix Tshisekedi, notamment en matière de souveraineté alimentaire, de création d’emplois et de développement rural durable.

Sans la recapitalisation, PHC serait exposée à un risque réel de stagnation, voire de fragilisation progressive  avec des difficultés à maintenir les équipements en condition optimale ; l’incapacité à accompagner la croissance de la production ; la limitation des investissements structurants ; ou encore le ralentissement de la création d’emplois. Sans la recapitalisation, la société courait le risque d’un effondrement financier impliquant l’incapacité à payer les salaires et l’accumulation des dettes. La non-recapitalisation aurait provoqué un arrêt progressif des activités. Ce qui devrait affecter la dégradation des plantations, paralyser les usines avec possibilité de vol ou de destruction de l’outil industriel, ou encore occasionner la chute drastique de la production. Tout aussi, PHC à l’arrêt serait une catastrophe sociale avec des pertes massives d’emplois, la paupérisation des communautés locales non sans compter les tensions sociales et conflits potentiels.

Il nous revient que le désengagement de l’Etat congolais de l’actionnariat de PHC SA est passé par toutes ces étapes : Saisine de la direction générale le 7 aout 2025 ; la Réunion du Conseil d’administration le 11 août 2025 ; l’analyse du rapport d’audit ; la prise d’acte de la volonté de l’Etat ; la décision du Conseil d’administration ; la validation du principe de désengagement ; la convocation de l’Assemblée générale extraordinaire  et sa tenue le même jour ; l’approbation définitive ; ainsi que la formalisation notariale et légale.

Avant le désengagement de l’Etat congolais, PHC SA comptait parmi ses actionnaires l’Etat congolais en qualité d’actionnaire minoritaire de catégorie B, détenant 66.733 actions (23,83%), et « Straight KKM2 » comme actionnaire majoritaire de catégorie A, détenant 213.267 actions (76,17%). Il sied de préciser que le déclenchement du processus de recapitalisation de PHC SA est parti de la lettre du 27 mai 2025 de l’actionnaire majoritaire « straight KKM2 » notifiant officiellement l’actionnaire minoritaire (l’Etat Congolais) d’une augmentation de capital envisagée visant à couvrir les dettes et financer les investissement de la société. A savoir que la dette de PHC s’évaluait à 85,5 millions USD alors que les besoins de recapitalisation se chiffraient à 100 millions USD.

Invité à ce point de presse, Sa Majesté Jean Francis Ilunga Mokonzi Bouwesi, chef de la chefferie des Yaliwasa en territoire de Bosoko (Tshopo), a apporté son soutien également la société PHC SA. A cet effet, il a mis en garde tous ceux qui cherchent à déstabiliser cette société qui reste le seul joyau dans l’agro-industrie dans cette partie de la RDC. Pour lui, PHC est à la Mongala, à l’Equateur et à la Tshopo, ce qu’est la MIBA dans le Kasaï et la Gécamines dans le Katanga.

Au nombre des délégués des organisations syndicales présents à ce point de presse, il y avait Christophe Muyika SG CSE, Kibumbu Dido Didier de Syndicat DOC, DM LUkusa SG de CDT, Benjamin Mfunga SG de OTUC, Loko-Zowa de SOLIDARITE, Lohata Michel de ECO, Gabriel ASSESSO de STP, Nsadisi Wambeta Bill et Kinampovi Délégué syndical Kinshasa.

Amédée Mwarabu

By amedee

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