Au cours de la conférence de presse animée le lundi 13 avril au Centre financier de Kinshasa dans le cadre des eurobonds de 1,25 milliard USD levés par la République démocratique du Congo sur le marché financier international, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a révélé une kyrielle de 7 projets qui vont bénéficier de ces financements.

Ces projets présentés comme stratégiques et orientés vers le développement national et l’intégration régionale concernent :

  • Nouveau terminal de 49 000 m² avec une capacité de 5 millions de passagers par an ;
  • Réhabilitation et modernisation de la route de 750km entre Kisangani et Beni (RN4). Contribution à la connectivité territoriale et au désenclavement des zones rurales ;
  • Réhabilitation de 300km de routes urbaines au sein de Kinshasa ;
  • Construction d’une rocade de 31 km autour de Kinshasa, incluant échangeur et ponts
  • Développement d’un réseau de lignes de transmission électrique de 330 KV permettant une connexion Zambie – Ceinture de cuivre RDC ;
  • Construction d’une centrale hydroélectrique d’une capacité de 64MW et réseaux de distribution associés dans la région Kasaï Central ;
  • Développement de centres de formation professionnelle dans les localités suivantes : Kisangani (1), Kinshasa (2), Mbuji-Mayi (1), et Lubumbashi (1).

A l’analyse de ces différents projets, l’on peut facilement observer que le cout total de ces 7 projets dépasse largement la cagnotte disponible. En réalité, les 1,25 levés par des eurobonds ne pourraient financer que trois projets sur les 7. Tenez : les 750 Km des routes de la RN4 devront coûter, s’il n’y a pas des ouvrages de franchissement comme des ponts, au minimum 750 millions USD en raison de 1 million USD pour un kilomètre de route ; le coût de la Centrale de Katende est déjà connu de 250 millions USD ; les 300 Km de routes urbaines à réhabiliter à Kinshasa devraient logiquement coûter aussi 300 millions USD. Avec ces trois projets, on en est déjà à 1,3 milliard USD.

Autant dire que certains projets cités par le ministre des Finances nécessiteront des financements supplémentaires à identifier. C’est le cas de la construction  d’un nouveau terminal à l’aéroport de N’djili de Kinshasa dont le coût est estimé à environ 570 millions de dollars USD. Il est mené par la firme INFRAROSE, ce chantier vise la réalisation d’une nouvelle aérogare de 49.000 m² capable d’accueillir 5 millions de passagers par an. Le démarrage des travaux était prévu pour octobre 2025 et une livraison attendue en 2028.

Tout aussi, y-a-t-il lieu de s’interroger  sur certains projets retenus ici quant à leur impact sur la production ou même sur la croissance économique du pays. En effet, ces fonds levés à l’international devront être remboursés avec des intérêts de 8,75% et 9%. Ceci veut dire que les investissements à faire doivent concerner des secteurs vraiment porteurs de croissance et extrêmement productifs et rentables. Car, la RDC devra payer pas moins de 850 millions USD d’intérêt pour cet emprunt. Alors, en quoi par exemple la construction d’une rocade de 31 km autour de Kinshasa, incluant échangeur et ponts, pourra impacter la croissance économique de la capitale, surtout s’il n’y est pas installé un système de péage pour les usagers.

Amédée Mwarabu

 

By amedee

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